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Six règles pour concevoir une maison bioclimatique

Date de l’article
9/07/2019
Temps de lecture
11 min de lecture
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Six règles pour concevoir une maison bioclimatique

Quels sont les grands principes d’une maison bioclimatique ? Quelles règles respecter dans sa conception ? Suivez le guide !

Une maison bioclimatique sait tirer profit des apports solaires, se protéger de la chaleur en été et la capter en hiver. Elle réduit ainsi ses besoins et sa consommation globale d'énergie. Mais pour y parvenir, il faut qu’elle soit conçue dans les règles de l’art ! En voici six…

Maison saint gobain

Adapter la construction à son environnement direct

Pour optimiser votre maison BBC, optez pour une conception bioclimatique afin d'en faire une maison écologique qui utilise les caractéristiques du terrain où elle se situe pour moins consommer d’énergie et offrir à ses occupants le confort en toute saison. Au moment de choisir où implanter votre maison bioclimatique, il est donc important d’étudier :

  • Le climat de la région, voir s'il existe par exemple un microclimat lié à une topographie environnante (colline exposée, front de mer, vallon encaissé et humide…).
  • Les éventuelles zones de bruit qui pourraient vous empêcher d’ouvrir les fenêtres pour ventiler et faire sortir la chaleur accumulée le soir.
  • Les possibilités d’orientation de la maison (voir ci-après)
Carte régions

Le saviez-vous ?

8 zones climatiques en France

Dans le cadre de la réglementation thermique 2012 (RT 2012), 8 zones climatiques ont été définies. Pour chacune, des règles de conception ont été fixées pour améliorer la prise en compte des apports solaires.

Définir la bonne orientation pour une maison bioclimatique

Une fois votre terrain trouvé, il faut réfléchir à l’orientation de votre construction bioclimatique et de ses différentes pièces. L’objectif : récupérer au maximum les apports solaires en hiver et les réduire en été. Il existe pour cela certaines règles à suivre :

  • Orienter le maximum de fenêtres entre le sud/sud-ouest et sud/sud-est.
  • Éviter les expositions directes est ou ouest qui suivent la courbe du soleil.

Une bonne maîtrise des apports solaires peut ainsi vous permettre de réaliser jusqu’à 15-20 % d’économies d’énergie.

Le saviez-vous ?

Exposition : la meilleure et la pire

L’exposition sud est souvent la plus intéressante pour respecter le confort d’été et récupérer les apports solaires gratuits l’hiver (moins d’éclairage artificiel). Au contraire, l’exposition ouest est la moins conseillée car elle cumule la chaleur de matinée et l’exposition directe du soleil l’après-midi.

Penser à l’isolation globale du bâtiment

Pour favoriser le confort d’été, d’hiver et les économies d’énergie, l'isolation reste l’un des points clés pour l'habitat. Toiture, murs, plancher… l’essentiel est d’appliquer l’isolant adapté à la paroi et de bien veiller à sa performance représentée par la résistance thermique R (elle figure sur l’emballage). A épaisseur identique d'isolant visée, plus R sera élevée, mieux ce sera. En revanche, la densité de l’isolant n’a que peu d’impact sur le confort d'été (moins de 1°C d'influence sur la température intérieure) car la masse de l'isolant représente une très faible part comparée à la masse totale des parois (murs, toiture, charpente, plancher…).

Exposition

Prévoir suffisamment de fenêtres… et leur occultation l'été

Afin de bénéficier d’une ventilation naturelle l’été, il est conseillé de multiplier les baies vitrées dans un habitat bioclimatique. Et cela est d’autant plus vrai dans les régions chaudes : mieux vaut ouvrir les fenêtres le soir pour aérer plutôt que de recourir à une climatisation bruyante et forte consommatrice d’électricité ! Si vous bénéficiez d’une double exposition, la ventilation peut même être traversante pour un confort optimal en cas de fortes chaleurs.

Cependant, un indispensable : chaque surface vitrée doit être pourvue d’une protection solaire extérieure, surtout si elle est horizontale, inclinée ou verticale et notamment en façade est et ouest. Il existe plusieurs types de protections :

  • Les stores et volets : dans ce cas, privilégiez les stores extérieurs qui évitent l’échauffement du vitrage et sont donc thermiquement plus efficaces que les stores intérieurs. Veillez également à ce que la lame d’air située entre le store et la surface vitrée soit ventilée.
  • Les protections fixes : pare-soleil, brise-soleil, balcon, avancée de toiture, décrochement de façade… Nombreux sont les éléments architecturaux que l’on peut intégrer directement à une maison bioclimatique pour participer au confort d’été. Leur avantage ? Ils agissent en permanence sans que vous ayez à les baisser et les remonter (contrairement aux stores). Attention toutefois à bien étudier leurs emplacement et dimension afin que les rayons du soleil puissent plus ou moins passer selon les saisons.
  • Les « rideaux » de végétation : arbres et arbustes plantés à l’ouest peuvent créer une ombre l’après-midi et en soirée. Et c’est sans compter que la végétation d’une façade ou d’une terrasse apporte de la fraîcheur ! Choisissez de préférence des espèces à feuillage caduque pour laisser passer les rayons du soleil l’hiver et bénéficier ainsi des apports gratuits.

Cette protection externe est primordiale pour éviter l'ensoleillement direct du vitrage. Tout vitrage soumis aux rayons directs du soleil échauffe l'air intérieur et peut être comparé à un radiateur allumé en pleine journée !  

Le saviez-vous ?

Le seuil à ne pas dépasser

Pour éviter la surconsommation de chauffage en hiver et l’utilisation d’une climatisation en été, le pourcentage de vitrages ne doit pas dépasser 25 % de la surface habitable dans une architecture bioclimatique.

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Favoriser la circulation de l’air pour garder votre maison bioclimatique au frais

Outre l’installation de fenêtres, il existe d’autres solutions pour éviter l’utilisation d’une climatisation et créer une ventilation naturelle dans une conception bioclimatique. Vous pouvez par exemple :

  • Augmenter le débit de votre ventilation mécanique la nuit pour un rafraîchissement nocturne.
  • Installer un puits canadien ou provençal : cette solution consiste à faire circuler l’air neuf de renouvellement dans des tuyaux placés à une profondeur de 1,5 à 2 m dans le sol, sur une longueur de 25 à 30 m. En été, lorsque le sol est plus froid que la température extérieure, l’air est rafraîchi lors de son passage dans les tuyaux. Ce système peut alors réduire la température de 2 à 5 °C.

Le saviez-vous ?

Les bons réflexes

Une fois votre maison bioclimatique construite, certains gestes à appliquer au quotidien permettent également de profiter d’un bon confort d’été.

   • Ouvrez les volets et fenêtres la nuit (si l’exposition au bruit et la sécurité le permettent), et fermez-les la journée.

   • Provoquez des courants d’air en ouvrant les fenêtres de manière à sur-ventiler, en particulier la nuit.

   • Installez au plafond un ventilateur lent à longues pales (peu consommateur) pour brasser l’air.

   • Ne laissez pas les appareils (ordinateur, TV…) branchés en continu : ils surconsomment de l’énergie et contribuent à augmenter de 3 à 6 °C la température de votre maison.

   • Utilisez des ampoules à faible consommation, qui chauffent moins, ou des fluo compacts.

Privilégier une volumétrie compacte

L’architecture d’une maison bioclimatique a un impact très fort sur sa consommation d’énergie. Par exemple, si vous optez pour une habitation de forme très allongée, sachez que la consommation peut augmenter de 2 à 5 % par rapport à une maison en forme de cube. Autre cas : si votre bâtiment comporte des étages, cela peut entraîner de 15 à 20 % de dépenses énergétiques supplémentaires, voire 25 % dans les zones climatiques froides ! Il est donc conseillé de faire appel à un architecte pour concevoir un habitat bioclimatique compact. En clair, une maison dont le rapport de surface des parois en contact avec l’extérieur sur la surface habitable est faible.

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