Comprendre l'isolation thermique

Inertie du bâtiment et confort d'été

Date de l’article
15/04/2022
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Inertie du bâtiment et confort d'été

On parle souvent de la notion d’inertie et de son impact sur le confort d’été pour expliquer comment se protéger des fortes chaleurs à l’intérieur de son logement. Se pose alors la question du choix des matériaux qui constituent nos bâtiments et le rôle de l’inertie sur leur confort thermique. On vous dit tout sur le concept d’inertie, à ne surtout pas confondre avec celui de déphasage.

Les trois gestes indispensables du confort d’été 

Avant de parler d’inertie et de déphasage, rappelons les gestes essentiels pour réduire au maximum l’inconfort intérieur d’un logement en été.

  • D’abord, la surventilation nocturne : lorsque la température baisse à l’extérieur, on fait entrer le maximum d’air frais à l’intérieur  
  • Ensuite, l’isolation : on réduit au maximum la quantité de chaleur qui passe à travers les parois opaques.  
  • Enfin, l’occultation : même objectif que l’isolation, on limite autant que possible la chaleur qui passe par les parois vitrées, en empêchant les rayons du soleil de pénétrer à l’intérieur du logement.  

Pour en savoir plus, lire notre article sur le confort d’été

L’inertie thermique, qu’est-ce que c’est ? 

Dans un bâtiment, l’inertie thermique consiste à avoir des matériaux lourds en contact avec l’air intérieur et avec une forte capacité à stocker de la chaleur. Parmi ces « matériaux lourds », citons :  

  • La structure : murs, dalles bétons…
  • Les carrelages
  • Les meubles
  • Les plaques de plâtre  

Lorsque ces matériaux lourds sont placés à l’intérieur du logement, ils peuvent avoir un effet dit «pain de glace ». A l’instar du bloc de glace d’une glacière qui sert de piège à chaleur une fois refroidi, les matériaux lourds seront refroidis par la surventilation nocturne et serviront à capter la chaleur qui rentrera malgré tout dans le logement, ainsi que la chaleur générée par les occupants (chaleur corporelle, ordinateurs, cuisine…).  

La surventilation est donc capitale : il faut laisser rentrer beaucoup d’air, et pendant le plus longtemps possible (toute la nuit, si possible). Une fois les matériaux lourds bien frais, on ferme les fenêtres en début de matinée, et avec une bonne isolation et une bonne occultation des parois vitrées, vous êtes prêts à affronter de fortes températures.  

Démarrer sa journée avec une maison encore chaude de la veille, c’est comme partir en pique-nique avec un pain de glace tiède ! 

A noter

La seule VMC ne suffira pas à apporter suffisamment d’air frais pour refroidir les meubles et la dalle béton sous vos pieds ! 

Inertie, déphasage : attention aux confusions ! 

Lorsqu’on parle d’isolation, les notions d’inertie et de déphasage sont souvent mélangées. Voici ce qu’il faut retenir afin de ne plus jamais les confondre.

Comme vu ci-dessus, l’inertie, c’est l’effet « pain de glace » réalisé par les matériaux lourds, comprenant une forte densité (plusieurs centaines, voire milliers de kg/m3), une forte capacité de stockage de la chaleur et un lambda élevé. Surtout, il faut que le matériau en question soit en contact avec l’air intérieur. L’objectif est que celui-ci capte la chaleur qui entre ou est générée à l’intérieur, pour éviter qu’elle ne réchauffe l’air intérieur. Comme un pain de glace dans une glacière ! 

Important

Les isolants ne participent donc pas à cet effet pain de glace car ils ont par nature un lambda très faible et une densité très faible (un isolant est constitué majoritairement d’air). 

Le déphasage, c’est la capacité d’un matériau à retarder la transmission de la chaleur. Dans le cas d’un isolant, dont le rôle premier est de réduire au maximum la quantité de chaleur qui le traverse, il stockera temporairement cette petite quantité de chaleur restante, et la restituera plus tard.  

Un isolant avec un bon déphasage aura donc :

  • un lambda faible,  
  • une forte densité,
  • et une forte capacité de stockage de chaleur  

A l’échelle d’une paroi, tous les matériaux participent au déphasage : les matériaux lourds, comme la brique ou une plaque de plâtre, malgré leur lambda élevé, stockent la chaleur grâce à leur forte densité.  

Les isolants, eux, créent du déphasage par leur lambda faible. Ceux ayant une forte densité et une forte capacité de stockage de la chaleur, comme la fibre de bois, créent plus de déphasage que d’autres matériaux isolants comme la laine de verre. L’impact restera toutefois modéré du fait qu’un isolant laisse par nature passer peu de chaleur et que c’est cette petite quantité de chaleur qui sera déphasée.   

Comment améliorer l’inertie d’un bâtiment ? 

Il n’est pas toujours facile d’apporter de l’inertie dans un bâtiment existant à moins d’être en cours d’une rénovation lourde. Imaginez ajouter une dalle béton entre deux étages ou remplacer un parquet par du carrelage… un vrai casse-tête !

Il existe une autre solution possible : doubler les plaques de plâtre et utiliser des plaques lourdes, avec notamment des propriétés acoustiques particulières, comme Placo® Phonique ou Placo® Multiconforts. Ainsi, en installant deux plaques phoniques au lieu d’une seule Placoplâtre® BA 13 standard, on peut gagner jusqu’à 2 °C sur la température intérieure. Seule condition : installer les plaques sur toutes les parois en contact avec l’air intérieur (rampants, pignons, mais aussi les cloisons intérieures).

Ces 2 °C s’ajouteront aux 7 °C qu’il est possible de gagner avec une isolation performante.  

L’inertie est-elle utile en hiver ? 

En hiver, l’inertie stockée à l’intérieur n’a pas la même utilité. En effet, les cycles froid/chaud ne sont plus journaliers. On met le chauffage lorsque les jours commencent à rafraichir, la maison monte alors en température (plus ou moins vite, selon que l’on a peu ou beaucoup d’inertie) et, une fois montés en température, les matériaux lourds vont rester chauds grâce au chauffage. Qu’il y ait peu ou beaucoup d’inertie, la consommation ne varie pas vraiment, car elle est surtout impactée par la qualité de l’isolation et de l’étanchéité à l’air.

L’inertie est-elle utile en cas de canicule ? 

En cas de canicule, en revanche, l’impact de l’inertie est différent. Une canicule, c’est une période de forte chaleur pendant laquelle la température ne redescend pas beaucoup la nuit, et ce pendant plusieurs nuits. Une maison avec une très forte inertie restera fraîche plus longtemps que les autres, mais elle restera également plus chaude plus longtemps, une fois les températures redescendues.

Bon à savoir

Attention aux fameuses églises ou aux « maisons de nos grands-mère », dans lesquelles il fait toujours frais ! Même en cas de très fortes chaleurs, ces bâtisses tiennent plus leur fraîcheur du sol non-isolé plutôt que de leurs murs épais.   

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