Comprendre l'isolation thermique

Déphasage thermique des isolants : tout ce qu'il faut savoir

Date de l’article
20/02/2024
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Déphasage thermique des isolants : tout ce qu'il f

Déphasage thermique, confort d’été ? Quel est le concept qui prime lorsque l’on parle d'isolation thermique ? On vous dit tout sur ces notions souvent mal employées pour définir leur rôle dans le confort des bâtiments.

Brisons d’emblée une idée reçue ! Notre credo chez Isover est que l’on ne parle pas de déphasage thermique mais de confort d’été. Pour améliorer ce dernier, il existe des critères influents qu’il ne faut pas négliger (surventilation nocturne, protections solaires, isolation, inertie du bâtiment, apports internes).  

Définition du déphasage thermique

Le déphasage thermique est le temps nécessaire pour qu'une variation de température à l’extérieur d'un bâtiment se manifeste à l'intérieur. Ce retard dans la transmission de la chaleur est particulièrement recherché pour éviter les surchauffes estivales ou les déperditions hivernales, contribuant ainsi à un espace de vie tempéré, sans fluctuation extrême de températures, et sans recourir excessivement à des systèmes de production de chaleur ou de froid (climatisation, pompe à chaleur…).

ATTENTION : Le déphasage d’un matériau ne s’entend qu’à l’échelle du matériau. A l’échelle du bâtiment, c’est l’ensemble des éléments constitutifs du bâti qui joue sur le déphasage thermique global du bâti.

La notion de déphasage doit non pas se focaliser sur les matériaux ou produits de construction, mais être considérée à l’échelle du bâtiment. C’est le confort d’été ou même l’inconfort d’été (notion apparue avec l’entrée en vigueur de la nouvelle réglementation environnementale RE 2020) qui se traite à l’échelle de l’utilisateur.
 

Confort d’été ou inconfort d’été 

On entend par confort d’été ou confort d’hiver « se sentir bien dans un bâtiment que ce soit par fortes chaleurs ou grand froid ». Le principe ? Protéger le bâtiment tant en été contre les rayons du soleil, qu’en hiver contre les températures en baisse.

Le confort d’été doit ainsi prendre en compte les occupants, leur activité et l’ensemble du bâtiment dans lequel ils se trouvent. 

Le confort perçu par chacun dépend de différents paramètres : 

  • Température sèche de l’air
  • Humidité relative
  • Rayonnement solaire à travers les vitres
  • Températures des parois de la pièce
  • Habillement de la personne
  • Activité métabolique

Ainsi, depuis l’entrée en vigueur de la RE 2020 au 1er janvier 2022, on parle plutôt d’inconfort d’été pour évaluer le niveau de confort ou d’inconfort d’une personne à l’intérieur d’un bâtiment. Elle introduit un indicateur pour mesurer cet inconfort (cf. ci-après). 

Comment est calculé le déphasage thermique ?

Les valeurs de déphasage des matériaux (isolants par exemple) ne sont valables que pour une unité de ce matériau. Ces valeurs ne reflètent pas ce qu’il se passe à l’échelle du bâtiment. Par ailleurs, les valeurs de déphasages ne résultent pas d’une évaluation par tierce partie comme le sont les valeurs de conductivité thermique par exemple. Ainsi, ce sont des valeurs déclaratives non vérifiées et non établies selon un protocole commun à tous les industriels. Il est donc vain d’établir un tableau comparatif des déphasages de matériaux. 

En revanche, on peut calculer le confort ou inconfort d’été grâce au nouvel indicateur de la RE 2020, le Degrés.heures (DH). Il exprime la durée et l’intensité des périodes d’inconfort dans le bâtiment durant une année. 

On considère qu’un logement est inconfortable quand sa température intérieure atteint plus de 26 à 28 °C le jour et plus de 26 °C la nuit. Chaque heure où la température dépasse ces limites est comptée, puis ajoutée pour déterminer le niveau d’inconfort du logement.
 

Importance du déphasage thermique ?

Le déphasage thermique n’est pas un critère à prendre en compte lorsqu’on parle de confort d’été dans un bâtiment. Parmi les cinq facteurs les plus influents sur la température intérieure du bâtiment pour assure le confort d’été, on trouve

  • Le rayonnement solaire à travers les vitrages 
  • L’aération/ventilation  lorsque la température extérieure est inférieure à la température extérieure
  • L’isolation doit être performante pour ne pas laisser passer les flux de chaleur/froid
  • L’inertie (notamment de la structure du bâti selon s’il est en béton, brique, pierres, bois…)
  • Les apports internes des personnes et équipements (appareils électroménagers par exemple) dégageant de la chaleur

Le saviez-vous ?

L’important est de bien isoler ! C’est l’épaisseur de l’isolant – et donc la résistance thermique - et non la nature de celui-ci qui aura un effet sur la limitation de l’élévation de la température intérieure et donc d’améliorer le confort d’été.

Les études Isover montrent que la nature de l’isolant (laine de verre vs fibre de bois) ne joue quasiment pas dans le confort d’été. Les différences entre les inerties et déphasages des matériaux biosourcés et les laines minérales sont négligeables à l’échelle du bâtiment. La nature de l’isolant est même le facteur qui a le moins d’impact sur la température intérieure.

Comment obtenir un bon déphasage ? 

Pour optimiser le déphasage dans le bâtiment neuf, il est conseillé de se concentrer sur l'inertie globale du bâtiment et sur des stratégies de conception bioclimatique. Cela inclut l'utilisation de matériaux de construction à forte inertie pour les éléments structurels et une isolation efficace des parois, peu importe la nature de l’isolant. 

En rénovation, on actionnera davantage ces trois leviers : la sur-ventilation nocturne, l'utilisation de protections solaires extérieures et l’isolation.

L’important est donc d’isoler ! Pour des travaux réussis et de qualité, n’hésitez pas à faire appel à un professionnel RGE, qui en outre vous orientera vers les meilleures aides pour une rénovation énergétique à moindre coût
 

mar, 20 fév 2024

Quel est le critère pour un confort d'été optimal ?

L’important est de bien isoler ! C’est l’épaisseur de l’isolant – et donc la résistance thermique - et non la nature de celui-ci qui aura un effet sur la limitation de l’élévation de la température intérieure et donc d’améliorer le confort d’été.