Isolant biosourcé

Quels sont les différents types d’isolants biosourcés ?

Date de l’article
19/07/2024
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Isolants biosourcés : ce que vous devez savoir

Fibre de bois, textile recyclé, laine de chanvre, ouate de cellulose ou laine de mouton… Le marché des isolants biosourcés français est aujourd’hui en plein développement. Quels sont leurs atouts ? Quelles sont les performances thermiques mais aussi acoustiques de ces matériaux isolants ? Quel est leur coût ? Point complet sur ces solutions d’origine animale, végétale ou issues du recyclage, afin de faire le bon choix avant de vous lancer dans vos travaux.

Qu’est-ce qu’un isolant biosourcé ? 

La famille des isolants  biosourcés se distingue de celles des laines minérales et des isolants synthétiques pour désigner « un produit, une matière ou un matériau qui est entièrement ou partiellement fabriqué à partir de biomasse », explique le Conseil national de la consommation. Les isolants concernés sont de nature végétale (la laine de chanvre par exemple) ou animale (la laine de mouton notamment). Ces matériaux sont principalement issus de l’agriculture, de l’élevage, de la sylviculture ou du recyclage.

Ils sont produits à partir de matières premières renouvelables et naturelles (laine de mouton…) ou transformées (à partir de textiles en fin de vie par exemple dans le cas de la laine de coton). En sont exclus les matières fossilisées comme le pétrole ou le charbon. Des liants sont adjoints lors de la fabrication de l’isolant, afin de donner toute sa cohésion au matériau isolant et ils peuvent comporter des additifs tels que des fongicides, insecticides ou traitement ignifuge pour leur protection contre le feu.

Quels sont les isolants biosourcés ? 

On peut distinguer trois grandes catégories d’isolants biosourcés en fonction de leur origine : animale, végétale ou issus du recyclage.

 

Les matériaux d’origine végétale

Le liège

Cet isolant est issu de l’écorce de chêne liège. Il est connu pour sa stabilité dans le temps. Le liège est recommandé pour l’isolation pour l'intérieur et pour l'extérieur des murs ou des toitures et est disponible en panneaux rigides voire en granulés. Sa résistance à la compression fait de lui un matériau particulièrement adapté aux situations nécessitant une forte résistance mécanique : sur dalles ou toitures-terrasses, par exemple. Pour ces applications, ils relèvent généralement d’un avis technique d’appréciation (DTA).

La laine de lin

La laine de lin est produite à partir de fibres de la partie basse du végétal, non employées par l’industrie textile. Elle est cardée pour obtenir plusieurs couches superposées de ces fibres. C’est un matériau qui propose une bonne isolation thermique et acoustique – notamment grâce à l’élasticité de ses fibres. Elle peut être mêlée à d’autres matériaux pour augmenter sa performance (jute, chanvre…) et est disponible en rouleaux ou en panneaux.

La laine de chanvre

Laine de chanvreLa laine de chanvre contient 40 à 80 % de fibres naturelles. C’est un matériau polyvalent connu tant pour ses performances thermiques qu’acoustiques. Elle est utilisée pour les toitures, les murs ou les planchers et est disponible sous forme de panneaux, rouleaux ou en vrac. C’est un isolant hygroscopique qui nécessite la mise en œuvre d’un pare-vapeur du côté chauffé selon les prescriptions du CPT 3728. Un traitement additionnel ignifuge pourra être appliqué pour préserver ce matériau isolant du feu.

La paille

L’isolation en paille, ressource renouvelable et économique issue des résidus agricoles, gagne en popularité pour sa faible empreinte écologique et ses bonnes performances thermiques, avec un coefficient lambda de 0,048 à 0,080 W/mK.  Elle permettrait de réguler naturellement l’humidité ambiante, contribuant ainsi à un environnement intérieur sain. Cependant, sa mise en œuvre nécessite des précautions : une protection rigoureuse contre l’humidité pour éviter les moisissures, un enduit ignifuge pour réduire le risque d’incendie et une épaisseur importante pour répondre aux exigences thermiques normatives. Malgré ces contraintes, elle reste un choix attractif pour des constructions alliant efficacité énergétique et durabilité.

 

Les matériaux d’origine animale

La laine de mouton

C’est un isolant polyvalent pouvant être utilisé pour les combles perdus, les rampants, les sous-planchers, les plafonds ou les murs. La laine de mouton est disponible en rouleaux, en panneaux semi-rigides ou en vrac. Lorsqu’il est manufacturé, ce matériau d’origine animale reçoit différents traitements (antifongique, insecticide, ignifugeant…). Hygroscopique, il ne doit pas être utilisé pour les planchers en contact avec le sol.  

 

La plume de canard

Ce matériau composé d’environ 70 % de plumes de canard, qui n’est aujourd’hui plus commercialisé en France, offrirait une isolation thermique de qualité pour les combles perdus, les rampants de combles aménagés, les sous-planchers, les plafonds ou les murs. La plume de canard était proposée sous différents conditionnements : en rouleaux, en panneaux ou en vrac. Ce matériau hydrophile recevait des traitements concernant l’absorption d’eau et aussi pour éviter le développement de champignons ou la prolifération d’insectes.

 

Les matériaux issus du recyclage et/ou de la revalorisation des déchets

La fibre de bois

Issue de la revalorisation des déchets, la fibre de bois est conçue principalement à partir de plaquettes de bois de l’industrie du bois (scieries). Excellent isolant thermique et acoustique, il est très polyvalent et pourra aussi bien être posé pour toutes les applications d’isolation par l’intérieur (panneaux semi-rigides) et en murs et toitures par l’extérieur (panneaux rigides) Sa manipulation est aisée, tout comme sa découpe qui nécessite toutefois des outils spécifiques. Les panneaux en fibre de bois sont hygroscopiques et auront donc reçu un traitement hydrophobe avant toute installation en extérieur. Néanmoins, ils ne peuvent rester exposés aux intempéries et doivent être protégés le temps des travaux.  

 

La ouate de cellulose

Journaux recyclés, boues papetières… Différents matériaux rentrent dans la composition de la ouate de cellulose. Le papier est finement broyé, défibré puis reçoit différents traitements (contre les champignons, les insectes, le feu…). Il constitue un isolant thermique proposé en vrac ou sous forme de panneaux. La ouate de cellulose en vrac est principalement utilisée pour isoler les combles perdus par soufflage.  

La laine de coton

coton

Issu principalement du recyclage de textiles en fin de vie (vêtements usagés, rebuts de fabrication…), la laine de coton est à la fois un isolant thermique et acoustique. Elle est disponible en rouleaux, panneaux ou vrac. Ce matériau peut être appliqué dans de nombreuses surfaces intérieures (combles, murs, cloisons, plafonds). Il est reconnu pour sa douceur et son confort de pose. En outre, il calfeutre très bien les surfaces à isoler.

Bon à savoir

En isolation par l'intérieur (ITI), la pose d'isolants manufacturés à base de fibres végétales ou animales visés par le CPT 3728 nécessite impérativement l'usage d'un pare-vapeur.

Quels sont les avantages de l’isolation biosourcée ? 
 

Qui du respect de l’environnement ?

L’appellation « isolant biosourcé » s’applique aux matériaux composés à minima de 80% de matière première issue de la biomasse. Ils ne sont pas nécessairement recyclables et aujourd’hui, les filières de recyclage de ces matériaux « nouveaux » doivent encore se développer. 

Certains de ces matériaux contribuent à l’économie circulaire, en ayant recours à des ressources renouvelables et recyclées. C’est le cas par exemple de la fibre de bois développée par Isonat : elle est produite à partir de Douglas certifiés PEFC (Programme de reconnaissance des certifications forestières). Cette matière première provient des forêts locales et est issue des chutes de production des scieries voisines, dans un rayon de 60 km autour de l’usine de Mably (Loire).

Pour juger de leur impact environnemental, il faut se référer à leur FDES (Fiche de déclaration environnementale et sanitaire), qui est le document de référence qui formalise les différents impacts de l'isolant sur l'ensemble de son cycle de vie (depuis l'extraction de la matière 1ère nécessaire à sa fabrication, jusqu'à sa fin de vie). Aussi, on ne peut pas comparer des catégories de matériaux entre elles. Chaque produit est différent et son impact environnemental va varier en fonction de son usage, son épaisseur, sa densité, son lieu de fabrication, l’énergie utilisée pour le fabriquer, sa capacité à être comprimé, le type de véhicule servant à son transport, etc…  Juger de l'impact environnemental d'un isolant sur un seul critère - la nature de la matière 1ère ou l'énergie utilisé à la fabrication par exemple - est une vision tronquée voire trompeuse car ce n'est pas prendre en compte l'ensemble des impacts sur l'environnement durant toute sa durée de vie et oublier des critères tels que la consommation d'eau à la fabrication, l'impact du transport (selon que le produit est fabriqué ou non à proximité de l'endroit où il est utilisé, produit fabriqué en France ou à l'étranger, etc.).
 

Une isolation performante

Les matériaux biosourcés apportent aux logements comme aux locaux professionnels une isolation thermique de qualité, efficace en hiver comme pendant la période estivale.  

Il faudra bien s’assurer que les performances de ces isolants sont validées par l’ACERMI.
En ce qui concerne l’acoustique, tous les isolants fibreux qu’elle qu’en soit leur nature possèdent d’excellentes performances acoustiques. 
A noter sur le confort d’été : c’est bien la performance thermique intrinsèque de l’isolant qui va agir sur le confort d’été et non, comme on peut le voir parfois écrit, son déphasage ou son inertie, qui a un impact négligeable à l’échelle du bâtiment.   
 

IMPORTANT :  Notons que ces caractéristiques n’ont toutefois de sens qu’à l’échelle du seul matériau et sont négligeables à l’échelle du bâtiment ! En clair, quel que soit l’isolant, biosourcé ou autre, sa nature n’a quasiment pas d’impact sur la température intérieure du bâtiment, et donc sur le confort d’été.  

 

Une solution face aux évolutions réglementaires

La réglementation environnementale 2020 (RE 2020) impose aux professionnels du bâtiment de garantir le confort d’été des occupants des constructions neuves. Le but de cette injonction : adapter les bâtiments aux nouvelles conditions climatiques.  

Quelle est la performance des isolants biosourcés ?

Pour évaluer l’efficacité thermique d’un matériau, il faut se pencher sur sa conductivité thermique (ou lambda). Plus cette dernière est faible, plus les propriétés isolantes du matériau sont importantes. Voici un tableau récapitulatif pour que vous connaissiez la conductivité thermique des différents isolants biosourcés. 

Matériau biosourcéConductivité thermique
Liègeentre 0.038 W/(m.k) et 0.043 W/(m.k)
Laine de linentre 0.037 W/(m.k) et 0.042 W/(m.k)
Laine de chanvreentre 0.039 W/(m.k) et 0.050 W/(m.k)
Laine de moutonentre 0.039 W/(m.k) et 0.042 W/(m.k)
Fibre de boisentre 0.036 W/(m.k) et 0.049 W/(m.k)
Ouate de celluloseentre 0.038 W/(m.k) et 0.042 W/(m.k)
Laine de cotonentre 0.037 W/(m.k) et 0.051 W/(m.k)
Certaines valeurs sont seulement déclaratives et ne sont pas toutes certifiées. 

Combien coûte une isolation biosourcée ?

Les prix des isolants biosourcés sont généralement plus chers que ceux des laines minérales ou des matériaux d’origine synthétique. On estime qu’ils coûtent en moyenne 10 à 15 % de plus que ces isolants traditionnels

Ils disposent toutefois de nombreux atouts :  isolation acoustique équivalente aux isolants fibreux traditionnels, isolation thermique performante, participation à l’économie circulaire, issus du recyclage pour certains isolants, etc. Des atouts qui n'ont pas échappé aux particuliers comme aux professionnels : le marché des matériaux biosourcés est aujourd'hui en croissance. 

ven, 19 Jul 2024