Faut-il prévoir un pare-vapeur en isolation de toiture ?
Alors que l’isolant thermique permet de réduire les déperditions de chaleur de votre maison, le pare-vapeur limite le cheminement de la vapeur d’eau dans ses parois. Dans quels cas un pare vapeur est-il indispensable en toiture ? Comment le choisir et le mettre en œuvre ? Ce guide fait le point.
Un pare-vapeur en toiture, à quoi ça sert ?
Le pare-vapeur se présente sous la forme d’un film ou d’une membrane indépendante à positionner en sous face de l'isolant avant la pose du parement. Sa mission est double :
- Il limite la pénétration de la vapeur d'eau dans les parois du comble et joue un rôle essentiel pour éviter les problèmes de condensation en leur sein, qui pourraient entraîner des dégradations comme le développement de moisissures ou encore des dommages structurels.
- Il participe à l’étanchéité à l’air actuellement requise par la réglementation environnementale 2020 (RE 2020) et doit être parfaitement mis en œuvre à l'aide d'adhésifs durables et autres pièces de pose dont la compatibilité avec la membrane a été vérifiée.
Il existe également des membranes hygro-variables qui régulent les flux de vapeur d’eau dans la toiture selon la saison. En hiver, elles empêchent la pénétration de l’humidité dans la paroi et en été, leur structure moléculaire s'ouvre pour favoriser son évacuation. Elle protège donc la toiture contre la stagnation d’humidité, les risques de condensation et les éventuelles dégradations associées (moisissures, pourrissement des bois de charpente…).
Mettre en œuvre un pare-vapeur pour l’isolation thermique de votre toiture est donc utile pour votre confort et votre santé : finis les courants d’air parasites et les pathologies nuisibles liées à la condensation ! En outre, l'étanchéité à l'air vous aide à réaliser des économies d’énergie et améliore même le rendement des systèmes de ventilation.
Le saviez-vous ?
Par ses activités quotidiennes au sein du logement, une famille de 4 personnes (2 enfants et 2 adultes) produit plus de 12 litres de vapeur d’eau par jour. Quels que soient le traitement des parois et le système de ventilation choisis, il est impératif que cette vapeur d’eau ne stagne pas à l’intérieur des parois !
Le pare-vapeur en combles aménagés : un indispensable !
Une isolation de combles aménagés sans pare-vapeur n’est pas recommandée. En effet, qu’il s’agisse de combles neufs ou de combles en rénovation, même s’il existe une ventilation entre la laine et la couverture, le DTU 45.10 indique les conditions de mise en œuvre d'un ouvrage pare-vapeur continu sur l'ensemble de la toiture :
- En toiture neuve ou en réfection totale de la couverture
- En présence d’un écran de sous-toiture HPV (Hautement Perméable à la Vapeur)
- Lorsque la couverture est en bardeaux bitumés
- En toiture de maison à ossature bois (MOB)
- En zone très froide
- En rénovation, pour éviter d’avoir à justifier d’une ventilation suffisante sous écran (≥ 1/250).
Quand et comment mettre en œuvre un pare-vapeur en toiture ?
Une isolation de combles aménagés sans pare-vapeur n’est pas recommandée. En effet, qu’il s’agisse de combles neufs ou de combles en rénovation, même s’il existe une ventilation entre la laine et la couverture, le DTU 45.10 indique les conditions de mise en œuvre d'un ouvrage pare-vapeur continu sur l'ensemble de la toiture :
- En neuf ou en cas de réfection totale de la toiture
- En zone très froide, où il faudra poser une membrane avec un Sd ≥ 57 m
- En maison à ossature bois, où le pare-vapeur est obligatoire sur l'ensemble de l'enveloppe du bâti
- En rénovation, si la ventilation sous écran est insuffisante (ratio < 1/250)
- En présence d’un écran de sous-toiture HPV (Hautement Perméable à la Vapeur) en contact direct avec l'isolant
- Lorsque la couverture est en bardeaux bitumés
- Le seul cas où un pare-vapeur n’est pas nécessaire : lorsqu’un écran de sous-toiture non HPV est utilisé et qu’une lame d'air ventilée - obligatoire entre l'écran et l'isolant – a été réalisée
En ce qui concerne la mise en œuvre d’un pare-vapeur, il doit toujours être positionné vers l'intérieur du bâti, du côté chauffé de la paroi, entre l’isolant et le parement de finition. Il doit être indépendant et posé de façon continue sur l'ensemble de la paroi isolée ainsi qu'aux points de jonction avec le bâti. S’il est traversé par des gaines électriques ou de ventilation, celles-ci doivent être étanchées à leur pourtour à l’aide d’accessoires dédiés tels que :
- des mastics d’étanchéité en périphérie,
- des œillets pour le passage des gaines électriques,
- des adhésifs évalués, compatibles et durables.
Le saviez-vous ?
Zoom sur la membrane hygro-régulante Vario® Xtra
La valeur Sd de la membrane Vario® Xtra varie en fonction de l’humidité ambiante (de 0,4 à 25 m). Sa mise en œuvre est validée par Avis Technique du CSTB. Elle convient aux toitures neuves comportant un écran de sous-toiture HPV comme aux toitures en rénovation qui ne comportent pas d'écran de sous-toiture.
En climat de montagne
En raison des importantes variations d’humidité et de température, la mise en œuvre d’un pare-vapeur pour isoler votre toiture est nécessaire si vous vivez en montagne (altitude supérieure à 900 mètres). Dans ce cas, sa valeur Sd est fonction de l’étude hygrothermique préalablement réalisée qui prend notamment en compte les conditions climatiques ainsi que les équipements de chauffage et de ventilation de votre logement.
En construction à ossature bois (COB)
Le DTU 31.2 exige qu’un ouvrage pare-vapeur indépendant et continu soit posé sur l’ensemble de l’enveloppe du bâti afin de protéger son isolation et sa structure bois. En toiture, le pare-vapeur est donc indispensable sur les rampants d’un comble aménagé ou en plafond sous comble perdu.
Et ça vaut pour tous les isolants !
Vous avez peut-être lu ou entendu que "les isolants biosourcés absorbaient l’humidité”. Attention, c’est faux ! Un isolant n’a pas vocation à traiter les pathologies d’humidité. Laines minérales, laines animales, laines végétales… Aucun type d’isolant ne peut garantir seul la gestion de la vapeur d’eau dans la toiture et cela d’autant plus lorsqu'il s’agit d’un matériau fibreux hygroscopique. Ils doivent être posés sur un support sain, et dans un système cohérent permettant la régulation hygrothermique du bâti pour permettre sa pérennité dans le temps.
Les règles de l’art en matière de pare-vapeur s’appliquent donc quel que soit l’isolant que vous choisissez pour votre toiture, à partir du moment où vous vous trouvez dans l’une des situations citées ci-dessus (combles aménagés, COB, climat de montagne…).
Comment choisir un pare-vapeur en toiture ?
Il faut regarder du côté de la perméance du pare-vapeur, c’est-à-dire son aptitude à résister à la diffusion de la vapeur d’eau. Elle est exprimée par son coefficient Sd (en mètres) :
La valeur Sd du pare-vapeur pour isoler une toiture dépend :