Tenue dans le temps

Tassement et durée de vie d'un isolant

Date de l’article
26/09/2019
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7 min de lecture
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Tassement et durée de vie d'un isolant

Pour durer dans le temps et lui assurer une longévité identique à celle du bâtiment, un isolant doit résister aux tassements. Ses caractéristiques techniques doivent donc varier en fonction de l’ouvrage dans lequel il est intégré et être adapté à la paroi sur laquelle il est posé.

Durée de vie des produits d’isolation

En isolation de sol, les produits sont installés lors de la construction et ne sont extraits que lors de la démolition de l’ouvrage. Pour ce type d’application, les isolants doivent être conformes à la norme NFP 61-203 qui caractérise les sous-couches isolantes et leur mise en œuvre sous dalle en béton ou sous chape ciment flottante ou encore sous carrelage.

Elles sont caractérisées SC1 ou SC2 selon leur résistance à l’écrasement :

  • elles peuvent être utilisées en locaux tertiaires ou en locaux d’habitation selon qu'elles sont classées a ou b (a= 500kg/m2 - tertiaire, b= 200kg/m2 - résidentiel) ;
  • un indice de 1 à 4 (fluage de l’isolant à 10 ans) sert à la superposition des produits : la somme des indices ne doit pas excéder 4 (association d’un isolant purement thermique à un isolant thermo-acoustique par exemple) ; 
  • leur classement peut comporter un A majuscule indiquant qu’il s’agit d’une sous-couche acoustique ;
  • la présence des lettres Ch indique qu’elles sont adaptées aux planchers chauffants. 

En isolation de murs, les isolants restent généralement en place tant qu'il n'y a pas une rénovation importante du logement. Pour une bonne mise en œuvre en isolation de murs périphériques tout comme en isolation de combles aménagés, l’isolant choisi doit impérativement avoir une bonne tenue mécanique et donc être a minima semi-rigide. La semi-rigidité des isolants est certifiée et garantie par le certificat Acermi du produit.

En isolation de combles perdus, l’isolant utilisé peut être en rouleaux souples ou en vrac car la pose sur plafond ou en plancher de combles perdus ne nécessitent pas de tenue mécanique particulière.

Les produits isolants dont les caractéristiques techniques sont vérifiées et garanties par la certification Acermi ont une durée de vie identique à celle du bâtiment qui est conventionnellement de 50 ans. Toutefois, on constate aujourd’hui qu’une grosse rénovation intervient dans le bâtiment environ tous les 30 ans. C’est alors l’occasion de revoir la performance d’isolation des parois du bâtiment selon l'évolution des exigences de la réglementation thermique. Pour garantir leur longévité dans le bâtiment, la mise en oeuvre de l'isolant choisi doit être réalisée avec soin et doit être conforme aux règles édictées par les DTU (Documents Techniques Unifiés) qui sont les règles de l'art à respecter. En l'absence de DTU, il faut se rapporter a minima aux Cahiers de Prescription Technique (CPT) et lorsqu'il s'agit d'une solution d'isolation innovante, elle est généralement couverte par un Avis Technique ou DTA (Document Technique d'Application) émis par la CCFAT (Commission chargée de formuler les Avis Techniques).  

 

Isoconfort

 

Les conditions qui peuvent détériorer un isolant

On peut constater pour les produits anciens une faible épaisseur de la couche d’isolant. Quelle peut en être la cause ? 

On note 3 causes principales :

Les conditions qui peuvent détériorer un isolant

  • l’isolant a été écrasé par une charge entreposée dans le comble (stockage d’objets divers, de mobilier) ou par piétinement pour l'entretien de la couverture ou de la ventilation. Les isolants en rouleaux souples ou semi-rigides ou les isolants en vrac ne sont pas conçue pour subir ces charges ; mettre en place un chemin de circulation sur lambourdes si l'on a besoin d'accéder au comble te/ou un plancher de stockage partiel (portance du plancher existant à vérifier au préalable).
  • le produit isolant a été manipulé alors qu’il était mouillé suite à la rupture d'un élément de couverture (presser l'isolant pour tenter d'en extraire l'eau casse l'enchevêtrement des fibres de manière irrémédiable. Il faut ventiler pour favoriser le séchage)
  • la détérioration peut venir de fuites en mur ou en toiture ou de remontées d’eau dans les murs.

On compare souvent par erreur l’épaisseur de laine recommandée aujourd’hui pour répondre aux besoins d'efficacité énergétique du bâtiment (épaisseur supérieure à 28 cm en combles) à celle des laines posées il y a 30 ans (très souvent inférieure à 10 cm). En fait, l'épaisseur d'un isolant en laine minérale ancien correspond à la résistance thermique imposée par la réglementation thermique au moment de sa mise en oeuvre (lors de la 1ere réglementation thermique de 1974, les exigences de performance des parois étaient telles que l'on ne posait pas plus de 5 cm d'isolant en murs et 10 cm en combles. L'épaisseur de l'isolant en laine minérale ancienne que l'on trouve dans les bâtiments existants n'est donc pas dû à un tassement naturel du produit mais correspond à son épaisseur initiale lors de sa pose). 

Lorsque l’isolant installé correspond bien à l'ouvrage pour lequel il est conçu, qu'il a été posé avec soin et conformément aux prescriptions de mise en oeuvre et qu’il est toujours homogène sur l'ensemble de la surface du comble, il peut être généralement poussiéreux (notamment en l'absence d'écran de sous toiture) mais il n’a en rien perdu ses propriétés initiales. De plus, les performances des isolants ont aussi évolué au fil du temps et l’on peut aujourd’hui poser des isolants très performants et pourtant à épaisseur réduite (laines au lambda 32 à 30 par exemple alors qu'il y a 30 ans, elles avaient au mieux un lambda 40 : 30 cm de laine au lambda 40 permettent d'obtenir une résistance thermique R= 7 m2.K/W alors qu'avec un lambda 30, ils permettent d'obtenir R= 10 m2.K/W).

Choix du meilleur isolant : résistance au tassement