Maison ancienne : les principaux matériaux de construction en façade
Façades en pierre (de taille ou équarrie)
Les façades en pierre, qu'elles soient en granit, en grès, en calcaire ou en schiste, sont parmi les plus durables et emblématiques des constructions anciennes. Ces matériaux offrent une excellente inertie thermique, un avantage pour le confort d’été, ce qui aide à réguler la température intérieure. Mais elles laissent aussi une sensation de paroi froide en période de chauffe. Les pierres peuvent être laissées apparentes, créant un aspect rustique, ou recouvertes d'enduits pour des raisons esthétiques ou de protection.
Les différentes familles de pierre :
- Le granite : Utilisé surtout dans les régions montagneuses, il est extrêmement résistant aux intempéries et aux chocs. Il existe de nombreux types de granites qui se distinguent par leur couleur (bleu, rose, blanc…), leur granulométrie ou encore leur comportement (dureté, porosité, imperméabilité…). Son entretien est minimal et son inertie thermique lui permet de réguler naturellement la température intérieure des habitations. Considéré comme une pierre noble, le granite est utilisé en matériau d’encadrement et en moellon pour les murs.
- Le grès : Formés de sables qui se sont cimentés par précipitation de minéraux solubles sous l’effet de compaction, le grès est prisé pour son esthétique et sa facilité de taille, conférant aux façades un cachet particulier. Cependant, il est plus poreux que le granite et peut nécessiter un traitement hydrofuge pour prévenir les infiltrations d'eau. Sa teneur en oxyde lui donne une teinte rouge plus ou moins prononcé, on l’utilisera comme pierre d’encadrement, parfois pour des constructions entières.
- Le schiste : Très présent dans certaines régions comme la Bretagne, le schiste est une pierre feuilletée qui confère aux bâtiments une esthétique particulière. Son excellente résistance aux intempéries en fait un matériau durable, mais il nécessite un bon drainage pour éviter les infiltrations.

- La meulière : Typique de l'Île-de-France, la meulière est une pierre poreuse et très résistante utilisée dans de nombreuses maisons du XIXe siècle. Elle assure une bonne inertie mais demande un entretien soigné pour éviter l'accumulation d'humidité.
- Le tuffeau : Répandu dans la vallée de la Loire, le tuffeau est une pierre tendre (blanc, jaune ou plus rarement gris selon le littoral où on le trouve), facile à sculpter et appréciée pour ses qualités esthétiques. C’est un matériau fragile et poreux qui capte très facilement l’humidité de l’air, et il est également très capillaire ce qui peut créer des remontées d'eau dans les murs par le sol par exemple (remontées capillaires). Il faut souvent un soubassement en pierre dure pour limiter ces remontées capillaires. Le tuffeau peut être utilisé, monté en moellons dans l’habitat rural ou en pierre de taille dans l’habitat bourgeois.
Façades en brique
Utilisée depuis l’Antiquité, la brique de terre cuite est un matériau de construction issu de l’argile, façonnée et cuite à haute température pour en assurer la solidité. Assemblée à l’aide d’un mortier à base de chaux ou de ciment, elle a traversé les siècles en s’adaptant aux évolutions architecturales et aux besoins constructifs. Son usage s’est particulièrement répandu dans les régions où le sous-sol est riche en argile, favorisant ainsi une production locale et économique.
Les murs en brique régulent bien l'humidité et offrent une de bonnes performances thermique et acoustique. Cependant, il faut veiller à l'état des joints et à l'entretien des façades pour éviter les infiltrations d'eau.

- La brique pleine : Connue pour sa robustesse et ses propriétés isolantes, elle confère un aspect traditionnel et chaleureux aux façades. Toutefois, elle peut être sujette au gel-dégel si elle n'est pas correctement protégée.
- La brique creuse : Plus légère et offrant une meilleure isolation thermique, elle est plus récente et souvent employée pour les murs porteurs.
Façades en pan de bois (colombage)
Le colombage ou pan de bois, une technique de construction apparue à l’Antiquité romaine, s’est développé en France à partir du Moyen Âge (XIVe siècle). Il repose sur une structure en pan de bois, associée à un hourdis (remplissage) fait de torchis (mélange de terre et de paille) ou de briques recouvertes de plâtre. L’assemblage des poutres (les colombes) suit différents motifs : grille, Croix de Saint-André ou plus rarement losange.
Ce type de construction repose généralement sur un soubassement en pierre ou en brique pour limiter l’humidité. Toutefois, le bois étant sensible à l’eau et aux variations climatiques, des fissurations peuvent apparaître, favorisant les infiltrations. C’est pourquoi, dès la fin du XVIIe siècle, certains pans de bois ont été enduits, notamment pour des raisons de protection contre l’incendie ou pour masquer l’utilisation de bois de récupération.
Enfin, un mur en pan de bois avec remplissage en torchis possède une faible inertie thermique (environ 20 cm d’épaisseur), ce qui peut le rendre moins performant en matière d’isolation.
Façades en terre crue
Depuis des millénaires, la terre crue a été utilisée comme matériau de construction dans diverses régions du monde, y compris en France. Ces techniques, économiques et écologiques, ont perduré jusqu'au premier quart du XXe siècle, avant d'être progressivement remplacées par des méthodes industrielles modernes.
Principales techniques de construction en terre crue :
- Le pisé : Cette méthode consiste à compacter de la terre légèrement humide dans un coffrage, couche par couche, pour créer des murs porteurs solides. Elle est particulièrement répandue dans des régions comme le Rhône-Alpes, où la terre argilo-graveleuse est abondante.
- La bauge : Technique rurale, la bauge implique l'empilement de boules de terre mélangée à des fibres végétales, comme la paille, sans utilisation de coffrage. Cette méthode est notamment présente en Normandie, Bretagne et Vendée.
- L'adobe : Il s'agit de briques de terre crue moulées et séchées à l'air libre, souvent renforcées avec des fibres végétales. Cette technique est utilisée pour ériger des murs porteurs et est courante dans des régions comme l'Île-de-France et le Sud-Ouest de la France.
- Le torchis : Utilisé comme remplissage dans les constructions à pans de bois, le torchis est un mélange de terre argileuse et de fibres végétales, appliqué sur une ossature en bois. Cette technique est répandue dans de nombreuses régions françaises.
La terre crue est un matériau naturel qui n’aime pas trop l’eau. Si elle est trop exposée à l’humidité, elle peut devenir fragile et abîmer les murs des maisons. Pour éviter cela, on construit généralement ces murs sur une base en pierre ou en brique (soubassement), ce qui les protège des remontées d’eau du sol.
Mais la terre crue a aussi un avantage : elle régule naturellement l’humidité à l’intérieur des habitations. Elle agit comme une éponge, absorbant l’excès d’eau dans l’air lorsqu’il y en a trop, puis la relâchant progressivement quand l’air devient plus sec. Cela permet de garder une atmosphère saine et agréable dans la maison.
Façades en mâchefer
Le mâchefer est un résidu issu des hauts fourneaux de l’industrie métallurgique, constitué de scories de houille. Pour être utilisé en construction, il est mélangé à un liant, généralement de la chaux ou du ciment, formant ainsi un béton de mâchefer. Ce matériau, bien que très variable dans sa composition, est souvent recouvert d’un enduit pour en améliorer l’esthétique et la résistance.
L’emploi du béton de mâchefer a commencé au XIXe siècle, se développant particulièrement à partir des années 1880. Son usage s’est intensifié dans les années 1930 et s’est poursuivi durant la période de la reconstruction après la Seconde Guerre mondiale. Ce matériau était apprécié pour son coût réduit et sa disponibilité, notamment dans les régions industrielles comme la Saint-Étienne et Lyon, où l’industrie métallurgique était bien implantée.

Les propriétés du béton de mâchefer
Ce matériau présente des caractéristiques particulières qui influencent son comportement dans le temps :
- Très poreux (32%) et capillaire : il absorbe facilement l’eau liquide, ce qui peut entraîner des problèmes d’humidité.
- Perspirant : il est ouvert à la diffusion de la vapeur d’eau, permettant aux murs de "respirer" (coefficient μ entre 5 et 20).
- Sensible au gel : il peut se fissurer ou éclater sous l’effet des cycles de gel et dégel.
- Sujets aux mouvements : il se dilate et se contracte, ce qui peut provoquer le décollement des revêtements appliqués sur ses surfaces.
- Peu hygroscopique : il n’absorbe pas l’humidité de l’air, mais reste vulnérable aux remontées capillaires, sauf lorsqu’un soubassement en pierre ou en béton protège sa base dans les constructions les plus récentes.
Les techniques de mise en œuvre de mâchefer
Le béton de mâchefer était utilisé selon deux méthodes principales :
- La technique du banché : le béton était coulé dans un coffrage, formant des murs d’une épaisseur comprise entre 45 et 60 cm.
- Les blocs maçonnés : le mâchefer était moulé en blocs, puis assemblé comme des briques, avec des murs généralement épais de 25 à 30 cm.
Le béton de mâchefer a été une solution de construction largement utilisée pour ses qualités économiques et sa disponibilité locale. Toutefois, sa sensibilité à l’eau et aux variations climatiques peut poser des défis en matière de conservation et de rénovation. Aujourd’hui, ces constructions nécessitent des précautions particulières pour assurer leur pérennité et leur bonne isolation.