Mais je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi les pertes dues aux ponts thermiques sont plus grandes dans une maisons isolée?
Bonjour! Article très intéressant en effet!
Mais je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi les pertes dues aux ponts thermiques sont plus grandes dans une maisons isolée? :/
3 answers
Non, l'analogie avec une foule et des portes ouvertes ou fermées est complétement fausse. La chaleur "ne se précipite pas" vers les ponts thermiques, elle sort "localement" du bâtiment. Après avoir tout isolé, sauf les ponts thermiques, les calories perdues par les dits ponts thermiques seront inchangées, rigoureusement. Simplement, les pertes par les ponts seront plus fortes en pourcentage du total, puisque les autres pertes seront plus faibles.
Pour parler en coût de chauffage, plutôt qu'en calories, Joules ou kwh, si votre maison vous coûtait 2000 € de "carburant "par an dont 1800 € pour les parois et 200 € pour les ponts thermiques, et qu'en isolant vous gagnez un facteur 5 sur les pertes autres que les ponts, après isolation le coût sera de 1800/5 = 360 €, plus les 200 € des ponts thermiques inchangés, soit 580 € au total. Les ponts au départ coûtaient 10 % de la facture, ils en représentent après l'isolation environ 35 %. Mais ce n'est pas très grave puisque c'est 35 % de pas grand chose (d'une facture divisée par presque 4).
Faut-il réduire les ponts thermiques ? Oui si c'est possible à un coût raisonable, proportionné à l'économie réalisable sur la consommation future. Non si le coût est tel que le retour sur investissement se fera sur 50, 100 ans, ou plus. En rénovation, réduire les ponts n'est pas toujours facile, voire quasi-impossible (dalles). Mais il ne faut pas en faire une maladie, si on a bien isolé tous les murs, le toit, et si possible le sol, il ne faut pas trop se tracasser pour ces fameux ponts thermiques. L'essentiel est déjà fait.
Les catalogues, notices, documents divers, se gargarisent de "ponts thermiques", visiblement sans que leurs auteurs sachent très bien de quoi ils parlent. Le vocable semble en réalité recouvrir et mélanger deux choses assez différentes : d'une part les simples "trous dans l'isolation", c'est à dire l'absence d'isolation sur une certaine surface. Et d'autre part les "ailettes" (terme utilisé dans les ouvrages scientifiques sur la thermique). Le simple trou dans l'isolation n'est pas très grave, si par exemple 1 m2 n'est pas isolé sur un mur de 100 m2 on aura quand même réalisé l'isolation à 99 %. Par contre une ailette a un effet amplificateur. Elle augmente la surface d'échange entre le milieu extérieur et le milieu intérieur. Tous ceux qui ont eu une mobylette dans leur jeunesse savent ce que c'est qu'une ailette: on place des ailettes autour du moteur pour qu'il se refroidisse mieux, la chaleur se précipite dans les ailettes qui sont très conductrices (métal), et qui ont une grande surface d'échange avec l'air. Dans un bâtiment, une dalle entre deux niveaux est une ailette. La chaleur passe dans la dalle, bonne conductrice (30-50 fois plus qu'un isolant), et elle s'y propage jusqu'au mur qui la soutient. Par rapport à une absence d'isolation sur l'épaisseur de la dalle (10-20 cm), il y a ainsi amplification des pertes. Je ne connais pas le facteur d'amplification, il dépend de divers facteurs, il est certainement au moins de 2, et j'espère moins de 5. Je n'ai jamais réussi à trouver d'ordre de grandeur pour les cas typiques. Il faudrait résoudre numériquement sur ordinateur "l'équation de la chaleur" qui gouverne tout ça. C'est possible, il ya probalement des logiciels existants utilisés dans les cabinets d'architectes et ingénieurs pour les grands projets innovants.
Voilà, en rénovation où tout est un compromis, il faut ne pas trop être obsédé par les fameux ponts thermiques. Les simples "trou dans l'isolation" ne sont pas dramatiques tant qu'ils représentent pas plus de quelques pourcents de la surface totale isolée, il ne faut pas dépenser des sommes qui seraient exhorbitantes en rapport des maigres gains obtenus. Les ailettes sont plus significatives, mais pas facile à supprimer comme le cas des dalles qui ne peuvent êtres bien traitées que par l'isolation par l'extérieur (par l'intérieur il faudrait recouvrir la dalle d'un isolant, par en dessous et par en dessus, afin qu'elle soit topologiquement à l'extérieur comme on dirait en mathématiques).
Picodon 94, Ingénieur Physicien
Plus un bâtiment est isolé et plus les pertes engendrées par les ponts thermiques seront importantes. Effectivement, plus l’enveloppe est résistante, plus la chaleur privilégiera les faiblesses occasionnées par les ponts thermiques pour sortir de l'enveloppe.
En comparaison, si 100 personnes souhaitent rentrer à une ville X et qu'une 20aine de route sont disponibles, le trafic se réparti (cas d'une maison mal isolée ou les déperditions sont réparties). En revanche, si 18 routes ferment le même jour, tout le monde devra emprunter 2 routes et des embouteillages se formeront (cas d'une maison bien isolée où plus d'énergie s'échappera par les ponts thermiques)
Elles sont plus importantes proportionnellement aux pertes globales.
EnerGeo
le 12/09/2013
à 13:51
Plus un bâtiment est isolé et plus les pertes engendrées par les ponts thermiques seront importantes. Effectivement, plus l’enveloppe est résistante, plus la chaleur privilégiera les faiblesses occasionnées par les ponts thermiques pour sortir de l'enveloppe.
En comparaison, si 100 personnes souhaitent rentrer à une ville X et qu'une 20aine de route sont disponibles, le trafic se réparti (cas d'une maison mal isolée ou les déperditions sont réparties). En revanche, si 18 routes ferment le même jour, tout le monde devra emprunter 2 routes et des embouteillages se formeront (cas d'une maison bien isolée où plus d'énergie s'échappera par les ponts thermiques)
picodon94
le 11/03/2014
à 12:30
Non, l'analogie avec une foule et des portes ouvertes ou fermées est complétement fausse. La chaleur "ne se précipite pas" vers les ponts thermiques, elle sort "localement" du bâtiment. Après avoir tout isolé, sauf les ponts thermiques, les calories perdues par les dits ponts thermiques seront inchangées, rigoureusement. Simplement, les pertes par les ponts seront plus fortes en pourcentage du total, puisque les autres pertes seront plus faibles.
Pour parler en coût de chauffage, plutôt qu'en calories, Joules ou kwh, si votre maison vous coûtait 2000 € de "carburant "par an dont 1800 € pour les parois et 200 € pour les ponts thermiques, et qu'en isolant vous gagnez un facteur 5 sur les pertes autres que les ponts, après isolation le coût sera de 1800/5 = 360 €, plus les 200 € des ponts thermiques inchangés, soit 580 € au total. Les ponts au départ coûtaient 10 % de la facture, ils en représentent après l'isolation environ 35 %. Mais ce n'est pas très grave puisque c'est 35 % de pas grand chose (d'une facture divisée par presque 4).
Faut-il réduire les ponts thermiques ? Oui si c'est possible à un coût raisonable, proportionné à l'économie réalisable sur la consommation future. Non si le coût est tel que le retour sur investissement se fera sur 50, 100 ans, ou plus. En rénovation, réduire les ponts n'est pas toujours facile, voire quasi-impossible (dalles). Mais il ne faut pas en faire une maladie, si on a bien isolé tous les murs, le toit, et si possible le sol, il ne faut pas trop se tracasser pour ces fameux ponts thermiques. L'essentiel est déjà fait.
Les catalogues, notices, documents divers, se gargarisent de "ponts thermiques", visiblement sans que leurs auteurs sachent très bien de quoi ils parlent. Le vocable semble en réalité recouvrir et mélanger deux choses assez différentes : d'une part les simples "trous dans l'isolation", c'est à dire l'absence d'isolation sur une certaine surface. Et d'autre part les "ailettes" (terme utilisé dans les ouvrages scientifiques sur la thermique). Le simple trou dans l'isolation n'est pas très grave, si par exemple 1 m2 n'est pas isolé sur un mur de 100 m2 on aura quand même réalisé l'isolation à 99 %. Par contre une ailette a un effet amplificateur. Elle augmente la surface d'échange entre le milieu extérieur et le milieu intérieur. Tous ceux qui ont eu une mobylette dans leur jeunesse savent ce que c'est qu'une ailette: on place des ailettes autour du moteur pour qu'il se refroidisse mieux, la chaleur se précipite dans les ailettes qui sont très conductrices (métal), et qui ont une grande surface d'échange avec l'air. Dans un bâtiment, une dalle entre deux niveaux est une ailette. La chaleur passe dans la dalle, bonne conductrice (30-50 fois plus qu'un isolant), et elle s'y propage jusqu'au mur qui la soutient. Par rapport à une absence d'isolation sur l'épaisseur de la dalle (10-20 cm), il y a ainsi amplification des pertes. Je ne connais pas le facteur d'amplification, il dépend de divers facteurs, il est certainement au moins de 2, et j'espère moins de 5. Je n'ai jamais réussi à trouver d'ordre de grandeur pour les cas typiques. Il faudrait résoudre numériquement sur ordinateur "l'équation de la chaleur" qui gouverne tout ça. C'est possible, il ya probalement des logiciels existants utilisés dans les cabinets d'architectes et ingénieurs pour les grands projets innovants.
Voilà, en rénovation où tout est un compromis, il faut ne pas trop être obsédé par les fameux ponts thermiques. Les simples "trou dans l'isolation" ne sont pas dramatiques tant qu'ils représentent pas plus de quelques pourcents de la surface totale isolée, il ne faut pas dépenser des sommes qui seraient exhorbitantes en rapport des maigres gains obtenus. Les ailettes sont plus significatives, mais pas facile à supprimer comme le cas des dalles qui ne peuvent êtres bien traitées que par l'isolation par l'extérieur (par l'intérieur il faudrait recouvrir la dalle d'un isolant, par en dessous et par en dessus, afin qu'elle soit topologiquement à l'extérieur comme on dirait en mathématiques).
Mais je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi les pertes dues aux ponts thermiques sont plus grandes dans une maisons isolée?
Mais je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi les pertes dues aux ponts thermiques sont plus grandes dans une maisons isolée?
Bonjour! Article très intéressant en effet!
Mais je n'arrive toujours pas à comprendre pourquoi les pertes dues aux ponts thermiques sont plus grandes dans une maisons isolée? :/
Elles sont plus importantes proportionnellement aux pertes globales.
Plus un bâtiment est isolé et plus les pertes engendrées par les ponts thermiques seront importantes. Effectivement, plus l’enveloppe est résistante, plus la chaleur privilégiera les faiblesses occasionnées par les ponts thermiques pour sortir de l'enveloppe.
En comparaison, si 100 personnes souhaitent rentrer à une ville X et qu'une 20aine de route sont disponibles, le trafic se réparti (cas d'une maison mal isolée ou les déperditions sont réparties). En revanche, si 18 routes ferment le même jour, tout le monde devra emprunter 2 routes et des embouteillages se formeront (cas d'une maison bien isolée où plus d'énergie s'échappera par les ponts thermiques)
Non, l'analogie avec une foule et des portes ouvertes ou fermées est complétement fausse. La chaleur "ne se précipite pas" vers les ponts thermiques, elle sort "localement" du bâtiment. Après avoir tout isolé, sauf les ponts thermiques, les calories perdues par les dits ponts thermiques seront inchangées, rigoureusement. Simplement, les pertes par les ponts seront plus fortes en pourcentage du total, puisque les autres pertes seront plus faibles.
Pour parler en coût de chauffage, plutôt qu'en calories, Joules ou kwh, si votre maison vous coûtait 2000 € de "carburant "par an dont 1800 € pour les parois et 200 € pour les ponts thermiques, et qu'en isolant vous gagnez un facteur 5 sur les pertes autres que les ponts, après isolation le coût sera de 1800/5 = 360 €, plus les 200 € des ponts thermiques inchangés, soit 580 € au total. Les ponts au départ coûtaient 10 % de la facture, ils en représentent après l'isolation environ 35 %. Mais ce n'est pas très grave puisque c'est 35 % de pas grand chose (d'une facture divisée par presque 4).
Faut-il réduire les ponts thermiques ? Oui si c'est possible à un coût raisonable, proportionné à l'économie réalisable sur la consommation future. Non si le coût est tel que le retour sur investissement se fera sur 50, 100 ans, ou plus. En rénovation, réduire les ponts n'est pas toujours facile, voire quasi-impossible (dalles). Mais il ne faut pas en faire une maladie, si on a bien isolé tous les murs, le toit, et si possible le sol, il ne faut pas trop se tracasser pour ces fameux ponts thermiques. L'essentiel est déjà fait.
Les catalogues, notices, documents divers, se gargarisent de "ponts thermiques", visiblement sans que leurs auteurs sachent très bien de quoi ils parlent. Le vocable semble en réalité recouvrir et mélanger deux choses assez différentes : d'une part les simples "trous dans l'isolation", c'est à dire l'absence d'isolation sur une certaine surface. Et d'autre part les "ailettes" (terme utilisé dans les ouvrages scientifiques sur la thermique). Le simple trou dans l'isolation n'est pas très grave, si par exemple 1 m2 n'est pas isolé sur un mur de 100 m2 on aura quand même réalisé l'isolation à 99 %. Par contre une ailette a un effet amplificateur. Elle augmente la surface d'échange entre le milieu extérieur et le milieu intérieur. Tous ceux qui ont eu une mobylette dans leur jeunesse savent ce que c'est qu'une ailette: on place des ailettes autour du moteur pour qu'il se refroidisse mieux, la chaleur se précipite dans les ailettes qui sont très conductrices (métal), et qui ont une grande surface d'échange avec l'air. Dans un bâtiment, une dalle entre deux niveaux est une ailette. La chaleur passe dans la dalle, bonne conductrice (30-50 fois plus qu'un isolant), et elle s'y propage jusqu'au mur qui la soutient. Par rapport à une absence d'isolation sur l'épaisseur de la dalle (10-20 cm), il y a ainsi amplification des pertes. Je ne connais pas le facteur d'amplification, il dépend de divers facteurs, il est certainement au moins de 2, et j'espère moins de 5. Je n'ai jamais réussi à trouver d'ordre de grandeur pour les cas typiques. Il faudrait résoudre numériquement sur ordinateur "l'équation de la chaleur" qui gouverne tout ça. C'est possible, il ya probalement des logiciels existants utilisés dans les cabinets d'architectes et ingénieurs pour les grands projets innovants.
Voilà, en rénovation où tout est un compromis, il faut ne pas trop être obsédé par les fameux ponts thermiques. Les simples "trou dans l'isolation" ne sont pas dramatiques tant qu'ils représentent pas plus de quelques pourcents de la surface totale isolée, il ne faut pas dépenser des sommes qui seraient exhorbitantes en rapport des maigres gains obtenus. Les ailettes sont plus significatives, mais pas facile à supprimer comme le cas des dalles qui ne peuvent êtres bien traitées que par l'isolation par l'extérieur (par l'intérieur il faudrait recouvrir la dalle d'un isolant, par en dessous et par en dessus, afin qu'elle soit topologiquement à l'extérieur comme on dirait en mathématiques).
Picodon 94, Ingénieur Physicien