Laine de bois

La laine de bois est un isolant élaboré à partir de fibres de bois qui reçoivent des traitements pour les rendre résistantes à la vermine. La laine de bois se présente sous la forme de panneaux pour l’isolation thermique ou l’isolation acoustique dans le bâtiment.

Caractéristiques générales

Suivant sa fabrication, la laine de bois est un isolant élaboré soit à partir de fibres et de lignine (résine) de bois (méthode humide) soit à partir de fibres de bois et de polyester ou de polyuréthane (procédé sec) pour en faire un matelas fibreux souple. Selon sa présentation en rouleaux, en panneaux ou en vrac, elle reçoit à la fabrication :

  • d’une part, différents additifs (polyester, coton ou autre) pour en faire un matelas fibreux,
  • d’autre part, des adjuvants pour lier les fibres entre elles afin de conformer des panneaux plus ou moins souples (ex : latex…)

Concernant ses caractéristiques d’aptitude à l’emploi et ses performances, celles-ci varient en fonction de la masse volumique et de l’humidité. En effet, la laine de bois comme tout matériau à base végétale est hygroscopique, c’est à dire que la performance thermique, l’absorption d’eau et le comportement à la vapeur d’eau varient en fonction du taux d’humidité de l’ambiance.

Les panneaux de laine de bois ont une masse volumique variable de 50 à 200 kg/m3. Le coefficient de conductivité thermique varie en fonction :

  • de la masse volumique : 0,039 W/mK pour 50 kg/m3, à 0,050 W/mK pour 200 kg/m3.
  • de l’humidité : dans ce cas, le lambda utile est majoré de 0,005 W /m.K.

Les laines de bois comme la fibre de bois relèvent du marquage CE réglementaire pour être mis sur le marché et doivent être conformes en rouleaux à la norme NF/ EN 13 168, en panneaux de fibres de bois à la norme NF/ EN 13 171 et peuvent faire l’objet de certification (Acermi) pour garantir l’ensemble des caractéristiques.

Compte tenu de ces caractéristiques, il y a un usage dans le bâtiment qui est spécifique pour chaque type de laine de bois et les conditions de mise en œuvre diffèrent selon le produit et l’application. En tout état de cause, il faut veiller à ce qu’il n’y ait pas d’humidité au sein de l’isolant. Toute retenue d’humidité est susceptible d’engendrer à la fois une dégradation de la performance thermique et des pathologies du bâtiment.

A savoir

Les produits isolants d’origine végétale qui contiennent des fibres d’origine animale sont généralement traités contre la prolifération des insectes (mites, poux…) par de la perméthrine (nom générique) qui peut parfois être présentée sous l’appellation Mitin FF. Cette substance chimique est un pesticide organochloré.
Les isolants à base végétale contiennent jusqu’à 25% de polyester pour lier les fibres végétales. En l’absence de ce liant, il ne serait pas possible d’obtenir un matelas laineux. Ce polyester peut être remplacé par de la laine de mouton qui assure la cohésion des fibres entre elles lorsque le matelas est chauffé à la fabrication. Dans les deux cas, ces additifs nécessitent, pour des raisons différentes, des traitements complémentaires.

Du point de vue de l’impact environnemental des produits d’origine végétale, animale, minérale ou organique, il convient, pour tous, d’analyser l’ensemble du cycle de vie depuis les semences, collecte ou extraction des matières premières, jusqu’à la fin de vie du produit dans le bâtiment. Ne prendre en compte, comme c'est souvent le cas, que la seule ligne de fabrication est une erreur. En effet, on peut ainsi avoir un écart de 1 à 3 sur les différents indicateurs environnementaux majeurs. Comme tous les produits de la construction, les isolants, quelles que soient leur famille et leur nature, doivent faire l’objet de Fiches de Déclarations Environnementales et Sanitaires (FDE&S) conformes à la norme NF P 01-010. Ces fiches sont consultables sur la base de données publique www.inies.fr ainsi que sur les sites Internet des industriels. Elles s’appuient sur des analyses de cycle de vie des produits.

A titre d’exemple, sur l’ensemble du cycle de vie, voici deux tableaux génériques. D’une part, le premier tableau montre que lorsque l’on prend les indicateurs normalisés, il n’est pas si évident de faire ressortir un produit plus favorablement qu’un autre et d’autre part, le second tableau montre que l’énergie grise ne peut être que l’énergie primaire totale lorsque l’on veut donner une information complète, fiable et non biaisée.

Impact environnemental par m2 de produit et pour une durée de vie typique de 50 ans. Indicateurs normalisés ISO, EN NF

Unité

Laine de verre

Plumes de canard

Chanvre

1 Consommation de ressources énergétiques
Energie primaire totale MJ 35.6* 53.5 82.3
Energie renouvelable MJ 2.15* 6.55 7.90
Energie non renouvelable MJ 33.5* 46.9 74.4
2 Epuisement de ressources (ADP) kg éq. antimoine (Sb) 0.00845* 0.0191 0.0300
3 Consommation d'eau totale litre 16.7 25.4 11.7
4 Déchets solides
Déchets valorisés (Total) kg 0.115* 1.12 0.872
Déchets éliminés
Déchets dangereux kg 0.0170* 0.0204 0.0171
Déchets non dangereux kg 0.964* 1.63 2.44
Déchets inertes kg 0.0527* 0.143 0.155
5 Changement climatique kg éq. CO2 1.14* 2.72 4.39
6 Acidification atmosphérique kg éq. SO2 0.00696* 0.0272 0.0350
7 Pollution de l'air m3 170* 411 557
8 Pollution de l'eau m3 0.235* 0.543 1.09
9 Destruction de la couche d'ozone stratosphérique kg CFC éq. R11 0 0 0
10 Formation d'ozone photochimique kg éq. éthylène 0.000506 0.00430 0.00546

* Indicateur avec le moins d’impact sur l’environnement (ex : consommant le moins d’énergie, d’eau, générant le moins de CO2, de déchet…)