Epaisseur des murs

L’isolation est-elle vraiment nécessaire dans les maisons anciennes ? L’épaisseur des murs ne suffit-elle pas à protéger la maison du froid et du chaud ?

Idée reçue n°1 : dans les maisons anciennes, il n’y a pas besoin d’isolation

L’opinion commune est que des murs épais et denses protègent naturellement des fluctuations importantes de température et n’ont donc pas besoin d’isolation. Or, un mur épais n’isole pas du froid. Il ralentit, par son inertie, l’entrée de la chaleur ou du froid, mais après un certain temps d’exposition, ne devient pas plus performant qu’un mur fin, en termes d’isolation.

De même, les murs anciens qui peuvent être très épais (1m environ), ne peuvent pas apporter une isolation et un confort suffisants, ni réduire correctement les consommations d’énergie, ils doivent donc être isolés.

Cela est d’autant plus vrai pour les bâtiments d’après 1945 dont les murs en béton ne sont pas épais. Or, pour les 30 millions de logements construits avant 1974, aucune obligation d’isoler n’était imposée. Il en résulte que ces maisons sont de véritables épaves thermiques.

A titre d’exemple : il faut 10,5 m de granit, 4.2 m de béton plein et seulement 12 cm d’un isolant (λ 0,040) pour assurer une résistance thermique R=3.

Idée reçue n°2 : seuls les premiers cm d’isolant comptent… Le reste ne sert à rien

Si l’épaisseur du mur ne permet pas d’assurer un confort d’isolation suffisant, l’épaisseur de l’isolant est en revanche un paramètre fondamental ! Il n’y a pas de secret : plus le flux de chaleur est réduit, moins il y a de pertes de chaleur (en hiver) et moins les pièces se réchauffent en été. Donc, une forte résistance thermique de l’isolant est indispensable.

A lambda égal, plus l’isolant est épais, plus la résistance thermique est forte. La résistance thermique d’un matériau est fonction de son épaisseur et de sa conductivité thermique (λ ) : R = e / λ . Il est donc faux de dire que seuls les premiers centimètres isolent. Il ne faut pas seulement tenir compte de l’épaisseur mais considérer la conductivité thermique (λ ) intrinsèque de l’isolant.

A titre d’exemple , il existe des laines de verre de différentes qualités dont le λ varie de 0,040 W/(m.K) (bas de la gamme) à 0,032 W/(m.K).
Parler de 20 cm d’isolant en laine de verre, ne permet pas de donner sa résistance :

  • 20 cm en lambda 40 : R= 5 m2K/W
  • 20 cm en lambda 32 : R= 6,25 m2K/W
  • Mais avec un lambda 32 : R = 5 m2K/W = 16 cm !

Veillez à vérifier de quels produit et épaisseur on parle.