La performance

La performance thermique d’un produit isolant, caractérisée par sa résistance thermique R, dépend de deux paramètres : sa conductivité thermique et son épaisseur.

Afin de réaliser les économies d’énergie, de chauffage ou de froid, escomptées, cette performance thermique doit être validée, selon les normes applicables à tous les produits par un laboratoire accrédité, et la fiabilité de la production doit être garantie par un tiers indépendant extérieur.

Les produits isolants relèvent de l’attestation de conformité réglementaire à leur mise sur le marché. Le marquage CE atteste que la performance déclarée a été validée selon le processus mentionné ci-dessus mais il ne vaut pas une certification des valeurs déclarées . Seule la certification volontaire Acermi permet de garantir que les caractéristiques déclarées sont bien vérifiées tout au long des productions. Plus la résistance thermique R exprimée en m2K/W d’un produit est élevée plus il est performant.

Unités de performance thermique

À l’inverse des métaux, les isolants ne conduisent pas la chaleur mais lui opposent, au contraire, une résistance. Plus cette résistance est forte, plus l’isolation thermique est performante.
La résistance thermique exprimée en m2.K/W, s’obtient par le rapport de l’épaisseur (en mètres) sur la conductivité thermique (lambda) du matériau considéré. Est considéré comme isolant un matériau dont la résistance thermique R est supérieure à 0,5 m2 K/W.

  • Résistance thermique (R) : pour rendre compte de l’isolation thermique d’un matériau, on a besoin de connaître la résistance aux flux de chaleur (m2.K/W) présentée par ce matériau d’épaisseur donnée. Plus la résistance thermique R est grande, plus le matériau est isolant.
  • Conductivité thermique ( λ ) : la conductivité thermique lambda (λ ) est la quantité de chaleur W/m.K pouvant être transférée dans un matériau en un temps donné. Plus la valeur λ est petite, plus le matériau, à épaisseur égale, est isolant. Les isolants ont des λ < 0,06 W/mK.

La résistance thermique R et la conductivité thermique λ figurent sur les étiquettes des emballages des produits.

Par exemple, un isolant de 200 mm d’épaisseur, ayant une conductivité thermique (λ ) de 0,040 W/(m.K) a une résistance thermique (R) égale à 5m2K/W. Un isolant de 200mm d’épaisseur ayant une conductivité thermique (λ ) de 0,032 W/(m.K) a une résistance thermique (R) égale à 6,25m2K/W.
A épaisseur identique on peut donc avoir une performance thermique différente.

Tableau comparatif de la performance thermique

Le tableau ci-après donne des ordres de grandeur générique par famille d’isolants. Il ne préjuge pas des valeurs des produits mis sur le marché, qui sont fonction des composants, de la qualité de fabrication, du contrôle de production et de la fiabilité des déclarations.

Produit d'isolation / Performance thermique

Lambda sec à 10°C (λ )
* les produits à base végétale et animale ont un lambda utile plus élevé (pour tenir compte de la reprise d’humidité),
le lambda ci-dessous doit donc être majoré

Laine de verre λ =0.032 à 0.040
Laine de roche λ =0.034 à 0.040
Laine de chanvre λ =0.041 à 0.044
Polystryrène (PSE) λ =0.031 à 0.038
XPS λ =0.029 à 0.035
Plume de canard λ =0.040 à 0.042
Polyuréthane λ =0.021 à 0.028
Laine de bois λ =0.038 à 0.060
Laine de mouton λ =0.039 à 0.042
Laine de lin λ =0.037 à 0.041
ouate de cellulose λ =0.038 à 0.040
Laine de coton λ =0.039 à 0.042
Textiles recyclés λ =0.039 à 0.042
Verre cellulaire λ =0.042 à 0.050
Produits minces réfléchissants
Dépend du nombre de couches et de leur nature

Unités de performance acoustique

Il est important de bien identifier les indices d’affaiblissement acoustique ou d’efficacité aux bruits de chocs ou d’absorption acoustique, nécessaires pour choisir les performances d’isolation phonique à prendre en compte. (voir la performance acoustique ).

Les indices de performance dépendent du type de bruit à traiter :

  • L’indice d’affaiblissement acoustique (Rw ) contre les bruits aériens : il est exprimé en décibels (dB) et représente la quantité de bruit arrêtée par le système. Un matériau est d’autant plus isolant que Rw est grand. Les bruits aériens extérieurs (trafic routier, ferroviaire ou aérien) intérieurs (conversations, hi-fi, télévision…) sont transmis soit par l’air, soit par les murs et les cloisons séparant deux locaux.
  • L’indice d’efficacité aux bruits de chocs ( Δ Lw) contre les bruits d'impact : il est exprimé en décibels (dB) et représente la mesure d’efficacité du revêtement. Plus la valeur Δ Lw est importante, meilleure est la performance du système (par rapport à un plancher lourd). Les bruits d’impact sont transmis par vibration de la paroi (planchers ou murs) et par les parois latérales. Ils proviennent souvent des déplacements de personnes ou de meubles, de chutes d’objets.
  • Le coefficient d’absorption acoustique (α w) contre l'effet d'écho : il représente la capacité d’un revêtement à absorber l’énergie d’une onde sonore. Ce chiffre varie de 0 à 1. Plus il est proche de 1, plus le matériau est absorbant. L'effet d'écho dans une pièce provient de la réverbération des sons sur les parois.

A savoir

En matière d'acoustique, les performances des produits et des montages (murs, cloisons, dalles, toitures, fenêtres, portes, etc.) sont mesurées en laboratoire dans des conditions normalisées internationales, européennes et françaises. Ces mesures donnent le résultat du système mais ne peuvent en aucun cas préfigurer le résultat sur chantier qui dépend de l’architecture, des différentes parois associées et de la mise en œuvre. Les réglementations ou les exigences en matière d’isolation acoustique, bruits d’impact, correction acoustique sont toujours des exigences in situ (isolements mesurés sur site). Il faut donc généralement choisir des performances de produits, systèmes, de 3 à 5 dB de plus que la valeur visée (exemple : on cherche un isolement de 60 dB, on choisira un système qui a une performance en laboratoire de 65 dB).