Etanchéité à l’air en complément d’une isolation performante en rénovation

Le 21/11/2012

Pensez à traiter l’étanchéité à l’air de votre logement lors de vos travaux de rénovation : traquer les fuites d’air parasites dans l’enveloppe du bâti constitue un potentiel d’amélioration énergétique non négligeable. Associée à une isolation thermique performante, elle permettra d’assurer votre confort hiver comme été, de garantir la pérennité du bâti et de réduire votre facture d’énergie de chauffage ou de refroidissement.

Contexte :

En France, depuis 1975, date la première Réglementation Thermique , les réglementations thermiques successives ont permis l’amélioration de la performance des bâtiments neufs mais le bâtiment existant reste quant à lui toujours en retrait, plus coûteux tant en termes de consommation énergétique que d’émission de gaz à effet de serre ou GES.

 

Dans tous les cas de rénovation, les travaux effectués devront répondre a minima aux exigences de la Réglementation Thermique pour les bâtiments existants ou RT par élément , rendue obligatoire par l’ arrêté du 3 mai 2007 . Ces exigences sont des exigences minimales et les performances exigées ne sont pas suffisantes pour ouvrir droit au Crédit d’Impôt Développement Durable . Aussi, si la configuration du bien le permet, n’hésitez pas à opter pour des niveaux d’isolation supérieurs tant pour la réduction de votre consommation d’énergie que pour votre confort.

 

Lors de l’acquisition d’un bien existant, procéder à l’inventaire des améliorations à apporter pour le rendre plus confortable et plus économe est donc nécessaire. Prioriser l’isolation thermique de l’enveloppe de son logement (toiture, murs, planchers et ouvertures) représente un double avantage :

  • réduire sa facture en énergie de chauffage ou de refroidissement ;
  • mieux dimensionner les équipements (souvent très onéreux) lors de leur remplacement.

L’étanchéité à l’air est-elle obligatoire en rénovation ?

Non, contrairement au neuf ( RT 2012 ), il n’existe pas d’obligation réglementaire d’étanchéité à l’air en rénovation mais celle-ci doit néanmoins être envisagée pour améliorer le confort et limiter les déperditions thermiques du bien acquis.

 

Elle permet de lutter contre les infiltrations d’air parasites dans le bâtiment qui peuvent engendrer une surconsommation de plusieurs dizaines de kWhep/m².an. Traquer chaque fuite d’air dans le bâti doit être prioritaire car plus le climat est froid et/ou venté, plus leur impact énergétique est défavorable.

 

L’objectif d’ étanchéité à l’air doit donc être décidé en amont des travaux de rénovation afin que les entreprises intervenant sur le chantier en soit informées et les travaux coordonnés pour que l’objectif soit respecté par tous. La réussite de l’étanchéité à l’air du projet de rénovation résultera de la qualité de la mise en œuvre des produits et systèmes choisis.

 

On profitera, au besoin, des travaux de rénovation thermique pour poser un système de ventilation mécanique adapté, général et permanent (hygroréglable ou à double flux suivant la faisabilité) pour assurer la qualité de l’air intérieur, en s’appuyant sur l’obligation réglementaire d’aération/ventilation de l’habitat pour le neuf ( http://www.developpement-durable.gouv.fr/Aeration-Ventilation,12909.html ).

Comment assurer l’étanchéité à l’air lors de travaux de rénovation ?

Sachant qu’il existe pour chacune des applications du bâtiment des solutions d’étanchéité à l’air spécifiques selon la nature de la paroi à renforcer (membranes d’étanchéité à l’air, solutions à projeter, pare vapeur assurant aussi l’étanchéité à l’air, mastics, joints, etc.), on s’efforcera de corriger l’étanchéité à l’air sur l’ensemble de l’enveloppe du bâti.

 

Aussi, en parois opaques (toiture, murs), la mise en œuvre de systèmes d’étanchéité à l’air doit être envisagée dès lors que des travaux d’isolation sont entrepris en réfection ou en première mise en œuvre selon l’ancienneté du bâtiment. Pour toute autre fuite d’air (pourtour de gaines ou tuyaux traversant l’enveloppe du bâti par exemple), un calfeutrement adapté doit être étudié.

  • En toiture :

On peut généralement constater que les toitures anciennes sont très souvent insuffisamment isolées voire non isolées. L’ isolation thermique des combles fait donc partie des travaux à envisager en premier lieu. En choisissant une isolation par l’intérieur de la toiture, on profitera de la mise en œuvre d’une isolation performante* pour y associer une membrane d’étanchéité à l’air, indépendante et continue, positionnée côté chauffé en complément.

 

En toiture traditionnelle, cela peut aussi être un pare-vapeur indépendant et continu répondant aux exigences des DTU couverture (série 40) (Sd > 18 mètres**) ou tout système sous Avis Technique, posé côté chauffé.

 

Ces membranes doivent être parfaitement étanchées au chevauchement des lés, à leur jonction avec les parois contiguës ainsi qu’à leur jonction avec les ouvertures présentes en couverture.
(*)en isolation traditionnelle : lambda inférieur à 0.036 W/(m.K) pour l’isolant posé entre chevrons si faisabilité et inférieur à 0.038 W/(m.K) pour l’isolation sous chevrons. (**) locaux à faible et moyenne hygrométrie, hors climat de montagne.

  • En murs périphériques :
    • Lorsque le choix se porte sur une isolation des murs par l’intérieur , il existe des systèmes complémentaires d’étanchéité à l’air, soit :
      • par projection humide avant isolation (parois maçonnées) ;
      • sous forme de membranes à positionner sur le mur support avant isolation (parois maçonnées) ;
      • par des membranes pare-vapeur indépendantes à positionner côté chauffé (le montage réalisé devra les protéger contre le risque de percement ultérieur).
    • Lorsque l’ isolation thermique des murs périphériques est inexistante : la mise en œuvre du système d’étanchéité à l’air sera alors assurée à l’occasion de la pose de l’isolation.
    • Lorsque l’ isolation existante est insuffisante , il est souvent plus efficace, quoique plus lourd, d’opter pour la dépose de l’existant afin de repartir sur un niveau d’isolation plus performant. Cela permet en outre de corriger les fuites d’air existantes sur l’enveloppe extérieure (jonctions murs/plancher, murs/toiture, jonction avec les menuiseries existantes).
    • Si des travaux de rénovation ont déjà été effectués et que l’étanchéité à l’air n’a pas été prise en compte, il faut identifier les éventuelles infiltrations ou fuites d’air pour les corriger du mieux possible (calfeutrement au pied des doublages et parements, à la jonction des menuiseries avec la paroi, des prises et interrupteurs).
  • Côté fenêtres

En dehors des ouvertures de ventilation, on s’assurera de l’étanchéité à l’air des fenêtres existantes. Si un changement est envisagé, les nouvelles fenêtres devront également :

  • répondre aux exigences de la RT par élément ;
  • avoir a minima des doubles vitrages avec une performance Ug inférieur ou égal à 2 W/m².K. ;
  • être équipées dans les pièces principales (hors salle de bains, toilettes, etc. et en dehors de la mise en œuvre d’une ventilation double flux), d’une entrée d’air pour répondre aux exigences réglementaires sur le renouvellement de l’air à l’intérieur de l’habitat.
  • Pour les planchers non isolés

S’ils donnent sur sous-sol, sur cave ou vide sanitaire accessible, prévoir la mise en œuvre d’une isolation par le dessous intégrant un système d’étanchéité à l’air suivant la nature du plancher. Le pont thermique structurel du plancher bas peut aussi être réduit par la mise en œuvre d’une isolation extérieure du soubassement.

Comment améliorer l’étanchéité à l’air hors travaux d’isolation ?

Si vous ne prévoyez pas de revoir l’isolation des parois de votre logement, vous pouvez tout de même améliorer votre confort et vos dépenses en énergie de chauffage en traquant partout les points faibles où pénètre l’air.

 

Voici de façon non exhaustive une liste de points sur lesquels vous devez être vigilants :

  • les liaisons des parois avec les menuiseries extérieures (fenêtres et portes donnant sur l’extérieur) : hors remplacement des menuiseries, prévoir joints de calfeutrage, mousses résilientes, mastic acrylique selon l’importance de l’infiltration,
  • les coffres de volets roulants et leur système de manœuvre : isoler si besoin et assurer l’étanchéité au pourtour des coffres par un joint mastic acrylique,
  • les seuils de portes extérieures et portes fenêtres : seuil de porte étanche, isolation extérieure du soubassement, joint brosse, etc.
  • le tableau d’alimentation électrique : s’il est positionné côté ambiance chauffée, l’étanchéité à l’air n’a besoin d’être assurée qu’à l’arrivée du réseau principal d’alimentation. Dans le cas contraire, toute traversée de paroi par une gaine devra être étanchée : reconstitution de la membrane d’étanchéité à l’air par l’ajout d’un morceau complémentaire parfaitement étanché à son tour si l’ouverture dans la membrane est large, sinon, tous systèmes dédiés tels œillets, tout adhésif permettant d’assurer une liaison efficace et durable, selon la grosseur des gaines.
  • les trappes d’accès au comble ou aux gaines techniques : trappes intégrant déjà un système d’étanchéité à l’air lors d’une 1ère mise en œuvre ou remplacement, sinon, joint adapté.
  • les pieds des parements intérieurs : il existe parfois des fuites d’air sous les plinthes, elles laissent alors apparaître des traces noires sur les parements. Il faut les calfeutrer selon l’importante de l’entrée d’air avec de la bande de calfeutrement, du mastic acrylique…
  • les prises et interrupteurs : installer des boîtiers étanches,
  • les conduits de fumée : utiliser les dispositifs spécifiques en toiture, en plafond, en mur.
  • les spots encastrés sur plafond donnant sur un comble perdu : poser des boîtiers étanches pour l’alimentation et choisissez des modèles proposant des joints d’étanchéité à l’air

et d’une manière générale, toute traversée de l’enveloppe extérieure par des gaines et tuyaux :

  • réseaux divers d’alimentation du bâtiment : eau, gaz, électricité, etc. en façade et sur toute paroi chauffée donnant sur un local non chauffé,
  • sorties de buse de chaudière, sortie de hotte en façade ou conduit de fumée : veillez à assurer l’étanchéité à l’air à la jonction avec la façade, choisissez des systèmes spécialement conçus.
  • arrivée d’air pour cheminée ou autre système de chauffage à combustion : elle doit être reliée de façon étanche à l’appareil, lui-même étanche,
  • évacuation de sèche-linge en façade : choisissez de préférence des modèles à condensation pour éviter de percer les façades, sinon posez des sorties d’air à volets mobiles
 

En savoir plus :

 

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