Stratégie thermique
Même si vous faites des arbitrages budgétaires, en ne réalisant que par zones vos travaux d’isolation, il vous faut dès le départ établir une stratégie thermique.
Un bâtiment bien isolé ne se résume pas à un bâtiment dans lequel on installe des matériaux performants, mais c’est la mise en œuvre d’un ensemble de systèmes complets d’isolation et de protection adaptés qui permet de garantir la performance à atteindre. En outre, par cette vision globale, vous orienterez peut-être vos travaux de manière à bénéficier d’apports de chaleur gratuits du soleil et à améliorer le confort d’été.
Agir sur l’architecture
Il est impossible de changer l’orientation d’un bâtiment existant, bien sûr ! Donc, si le bâtiment est bien orienté (voir conception bioclimatique
), on en profite pour changer les fenêtres et mettre en œuvre des occultations d’hiver et d’été. On bénéficie ainsi d’apports énergétiques gratuits.
Si l’orientation n’est pas optimale et majoritairement vers le Nord, il faut remplacer les ouvrants et portes par des produits de forte performance thermique. On privilégiera alors des fenêtres dont la menuiserie est à rupture de pont thermique
, équipées d’un triple vitrage. C’est la performance d’hiver qui orientera le choix du type de verre et de sa composition (complexe verrier).
Attention : si le pourcentage de vitrages est supérieur à 25 % de la surface habitable, on entre dans une zone d’inconfort en hiver comme en été et même aux intersaisons. Si un bâtiment existant comporte des surfaces trop importantes pour garantir le confort d’été, il est impératif de prévoir des vitrages à contrôle solaire pour toutes les orientations (sauf au Nord). Il est aussi nécessaire de prévoir des occultations extérieures et une sur-ventilation la nuit pour éviter que la masse des parois et de la structure de la maison ne monte en température, ce qui rendrait inefficace la plupart des systèmes de climatisation. Il est parfois utile de créer des loggias fermées, bow-windows, patios fermés ou vérandas…permettant d’aménager ainsi des espaces tampons régulateurs de température.
Charpente, briques et pierres apparentes : les compromis esthétiques
En rénovation, le particulier peut vouloir conserver et laisser visibles certains éléments de l’architecture : une charpente en bois dans une ferme, des structures métalliques dans d’anciennes usines, des murs de pierres ou briques apparentes. Ces choix esthétiques ne sont pas anodins car ils peuvent fortement réduire la performance des systèmes d’isolation mis en place. D’où l’importance de concevoir votre projet de rénovation de façon globale.
Avec les structures en métal par exemple, le risque de phénomènes de condensation sur ces poutrelles existe, puisque le métal n'a pas le même comportement que la maçonnerie et les isolants (différences de température sur le cycle jour/nuit). Des murs en pierres ou briques apparentes constituent une paroi froide voire humide et comportant éventuellement des remontées d’humidité du sol. Ils sont donc propres à favoriser la condensation et le développement des moisissures, en particulier dans une pièce humide.
Plusieurs solutions existent pour les murs :
- privilégier un mur intérieur pour la paroi apparente,
- isoler par l’extérieur,
- recréer un mur en pierres au-devant de la paroi après l’avoir isolée (pierres décoratives ou récupération de vieilles pierres).
Et pour les charpentes :
- isoler par l’extérieur (système Sarking),
- isoler par-dessus dans le cas d’une réfection de la toiture ou d’une surélévation.
Dans tous les cas, les professionnels pourront vous aider à effectuer ces arbitrages entre la thermique et l’esthétique.
Comme pour le thermique, le traitement acoustique doit être pensé dès la phase de conception et de façon globale pour l’ensemble les parois : laisser une partie non traitée constitue un « pont acoustique » et revient à ne rien faire puisque toute l'énergie sonore passe par ce point de faiblesse. Après, reste le choix propre à chacun de privilégier l'esthétique à l'acoustique !
