Isolation d’une maison bois

Le 10/12/2008

La maison à ossature bois suscite un nouvel engouement et pourtant, c’est le mode constructif le plus ancien ! Sa structure porteuse présente de nombreux atouts notamment par rapport à l’isolation.

Les montants bois, espacés de 40 ou 60 cm, permettent de mettre en œuvre les isolants dans cet espace, gagnant ainsi en espace intérieur comme en performance thermique globale des parois. Mais quel type d’isolant choisir et comment s’assurer de la pérennité du bâtiment ? Le point complet en écho aux nombreux salons sur la Maison à Ossature Bois qui se sont tenus dernièrement (Pays de Loire, Lyonnais, Alsace…).

1 / Quel matériau idéal pour l’isolation d’une maison ossature bois ?

Associé aux produits d’aujourd’hui, le bois présente bien des atouts : c’est un matériau disponible et renouvelable et contrairement aux idées reçues, il a un très bon comportement au feu. Il se consume lentement et présente une bonne résistance mécanique. Il est naturellement isolant contre le bruit extérieur et conserve aussi bien la chaleur que la fraîcheur.

En le combinant avec des isolants à haute performance thermique et acoustique, on peut faire de sa maison bois une maison passive (bâtiment dont la consommation énergétique au m² est très faible et ne nécessite que 15kWh/m².an en besoin de chauffage), voire à énergie positive (bâtiment produisant plus d’énergie qu’il n’en consomme). Et c’est bien là l’intérêt d’une maison bois : à épaisseur de mur équivalente à celle d’une maison traditionnelle, une maison bois est mieux isolée. En effet, l’isolant est calé entre montants (sections 120 à 150 mm), ce qui permet de placer au final jusqu’à 20 ou 25 cm d’isolant contre 8 à 16 dans une maison classique ! Pour votre confort d’été, sachez qu’une isolation performante pour l’hiver le sera aussi pour l’été. Aussi, choisissez d'emblée, pour un surcoût marginal, un matériau offrant la performance thermique maximale (résistance thermique R la plus forte possible) ; vous pourrez ainsi faire de vraies économies de chauffage.

2 / Y a-t-il des précautions à prendre pour garantir la durabilité de l’isolation ?

  • La mise en œuvre de l’isolant doit respecter les prescriptions de pose du DTU 31.2-Construction de maisons et bâtiments à ossature bois ou celles d’un Avis Technique lorsque ce sont des produits non traditionnels qui sont mis en œuvre.
    Attention ! La caractéristique de performance de l’isolant (la résistance thermique R) et son aptitude à l’usage dans le bâtiment doivent être certifiés par l’ACERMI. Cette démarche de certification volontaire du fabricant vise à garantir autant les performances que les caractéristiques techniques du produit. Elle est ouverte à tous les fabricants quels que soient l'origine et le type de l'isolant fabriqué.
    Pour votre garantie, n'hésitez donc pas à vérifier que l'isolant choisi bénéficie de certification.
  • Quels risques liés à la condensation et l’humidité ?
    Contrairement aux idées reçues, le bois offre une réelle garantie de pérennité et de solidité. Mais il ne doit pas stocker d’humidité au risque de subir une détérioration par pourrissement. Or, savez-vous qu’une famille de 4 personnes (2 adultes + 2 enfants) produit en moyenne plus de 12 litres de vapeur d’eau par jour ? Si cette vapeur d’eau n’est pas évacuée et qu’elle condense dans les parois, des dégâts et désordres apparaissent, qui compromettent à terme la pérennité de la construction.
    Il n’existe en fait aucun système constructif, matériau ou paroi pouvant absorber ou évacuer l’air vicié, la vapeur d’eau ou le monoxyde de carbone provenant de la respiration, cuisson, combustion, lavage, etc., pas même le principe de « murs respirants ». On confond trop souvent comportement à l’humidité des matériaux et celui de la paroi complète. On parle de « murs respirants » alors qu’il s’agit d’échanges de vapeur d’eau entre l’intérieur et l’extérieur du bâtiment ! On confond l’étanchéité à l’air des parois et le comportement à la vapeur d’eau !
    Pour bien isoler, il est nécessaire que les parois soient étanches à l’air, ce qui n’est pas incompatible avec une évacuation de la vapeur d’eau. Cette évacuation de la vapeur d’eau se fera de toute façon avec une VMC et avec des systèmes d’isolation intégrant des membranes et des écrans perméables à la vapeur d’eau pour éviter les pourrissements des bois (de charpentes en particulier…) tout en restant étanches à l’air.

Concrètement, on utilisera :

  • Un pare-vapeur indépendant pour recouvrir l’isolant côté espace chauffé et les montants de la structure bois. Il répondra aux exigences du DTU 31.2 ou sera validé par un Avis Technique. Posé de façon continue sur l’ensemble de l’enveloppe du bâtiment (angles, raccordements avec les baies, liaisons entre parois verticales et rampants des combles aménagés), il participera également à l’exigence d’étanchéité à l’air de l’ouvrage. Certains fabricants proposent des membranes dédiées à la maison ossature bois ayant un comportement différent en été et en hiver ;
  • En toiture, un écran HPV (Hautement Perméable à la Vapeur d'eau) peut aussi être placé au-dessus de l'isolant (côté sous couverture) ;
  • Et bien sût, une ventilation performante et maîtrisée.

Attention ! Le DTU 31.2 indique que les matériaux utilisés pour les pare vapeur doivent répondre à une perméance (degré de perméabilité à la vapeur d’eau) inférieure ou égale à 0,005g/m².h.mmHg. Ceci exclut donc les pare-vapeur des isolants revêtus ne répondant pas à cette perméance. Il est d’ailleurs précisé au DTU (spécifications concernant la mise en œuvre du film pare vapeur) que les matériaux (papiers,…) enduits de bitume ou non, dont sont équipés certains isolants fibreux ne peuvent être considérés comme pare-vapeur.

En résumé, en isolation de maison à ossature bois comme en maison traditionnelle, les conditions d’une bonne isolation reposent sur 3 piliers : Isolants performants bien posés + étanchéité à l’air + ventilation maîtrisée, afin de maîtriser les dépenses énergétiques du logement, d’éviter les lames d’air parasite, de garantir une qualité de l’air intérieur, d’évacuer la vapeur d’eau produite par l’occupation du logement et enfin d’apporter du confort aux occupants.