Ancien isolant : déposer ou conserver ?
Il ne vous reste que quelques semaines pour isoler vos combles et préparer un hiver bien au chaud ! Seulement voilà : il y a déjà une couche d’isolant et vous vous demandez que faire de la veille laine de verre. Que faire si la laine semble tassée ou écrasée ? Faut-il rajouter une épaisseur de laine ou bien remplacer totalement le manteau d’isolation ? Est-ce dangereux de l’enlever ? Et où jeter les éventuels déchets ?
Deux couches d’isolant valent mieux qu’une !
Il n’est pas utile d’enlever une laine sous prétexte qu’elle est ancienne, sa durée de vie est équivalente à celle du bâtiment, conventionnellement évaluée à 50 ans. Il faut toutefois s’assurer qu’elle est posée de façon jointive et continue.
Un complément peut alors être réalisé :
- s’il s’agit d’un comble perdu accessible : par l’ajout d’un matelas supplémentaire dont la résistance thermique viendra compléter la résistance thermique existante à concurrence de la performance visée. Attention lors de la mise en œuvre du second lit à ne pas marcher sur le matelas existant pour ne pas l’écraser ; le soulever pour se créer un passage pour poser le second lit et rabattre le matelas soulevé à l’avancement.
- s’il s’agit d’un comble perdu inaccessible : par soufflage mécanique d’un isolant sous forme de flocons. L’épaisseur à prévoir sera fonction de la performance visée là aussi.
Un impératif : la laine posée au-dessus de l’ancien isolant doit être nue (un seul pare-vapeur positionné côté chauffé du comble).
Sachez que les laines minérales (de verre et de roche) ne perdent pas de leur pouvoir isolant dans le temps. Aussi, en conservant l’ancienne isolation, vous profitez du pouvoir isolant déjà en place et limitez l’épaisseur d’isolant complémentaire à mettre en œuvre. C’est donc une solution économique.
Faut-il ajouter un pare-vapeur si l’ancien isolant n’en avait pas ? Peut-on améliorer l’étanchéité à l’air ?
Un pare vapeur continu doit être prévu pour toutes les applications qui le nécessitent. Ainsi, on posera un pare-vapeur en murs périphériques de locaux humides, en région froide (climat de montagne) ou encore lorsque l’Avis Technique de la solution choisie le prévoit.
Par ailleurs, le pare vapeur participe, en rénovation comme en neuf, à l’étanchéité à l’air de l’enveloppe de votre bâtiment. Cette étanchéité doit être associée à un système de ventilation adapté. En effet, un bâtiment dont l’étanchéité à l’air n’est pas assurée voit sa consommation en énergie augmenter : les infiltrations d’air dans les parois nuisent au confort thermique, au confort acoustique, au bon fonctionnement des systèmes de ventilation et à terme à la santé.
A retenir : un logement dont l’étanchéité à l’air n’est pas assurée voit ses besoins de chauffage augmenter de 7 à 10 % ! Un bâtiment bien isolé repose conjointement sur la performance d’étanchéité à l’air de ses parois, sur la performance thermique de ses systèmes d’isolation et sur un système de ventilation efficace et adapté.
Dans le cas où il n’y aurait pas de pare vapeur sur les parois, la performance d’étanchéité à l’air peut être obtenue par la mise en œuvre d’une membrane indépendante et continue entre l’isolant et le parement intérieur.
L’étanchéité à l’air des parois doit être garantie en rénovation comme en neuf. La RT2005 définit le niveau de perméabilité à l’air maximum à respecter, soit ? 0,6 m3/h.m² en maison individuelle et ? 1,0 m3/h.m² en habitat collectif (sous une pression de 4 Pa). L’obtention du Label BBC (bâtiment basse consommation) exige le respect de ces niveaux de perméabilité à l’air, en neuf comme en rénovation. Perméabilité qui est contrôlée avant la réception du bâtiment.
Quand faut-il remplacer l’ancienne isolation ?
Si le matelas de laine est simplement couvert de poussière et qu’il s’agit d’une isolation en laine minérale, cela ne nuit pas à la performance thermique (ce n’est en effet pas le cas pour certains isolants). Il est donc inutile d’enlever le matelas « poussiéreux ». Il faut simplement vérifier que l’ancienne isolation est bien jointive et continue. Dès lors, il est possible de mettre en œuvre un complément d’isolation. Là encore le matelas ajouté devra être nu (sans pare-vapeur).
S’il s’agit de nids de rongeurs, il y aura également des galeries creusées dans le matelas de laine. Ce matelas n’étant plus homogène, la performance thermique s’en trouvera altérée. Mieux vaut procéder à l’enlèvement de l’ancienne isolation. Pensez cette fois à la mise en œuvre de grillages anti-intrusion sur tous les orifices accessibles aux petits animaux avant de mettre en œuvre une nouvelle isolation !
Dans le cas où la laine serait écrasée, soit parce qu’on l’a piétinée en passant dans le comble, soit parce que l’on a entreposé des objets dessus, son élasticité s’en trouve altérée et donc son pouvoir isolant diminué. Il vous faut procéder à son remplacement pour retrouver une isolation performante. Il faut rappeler que la laine de verre ne se tasse pas naturellement mais que les laines mises en œuvre il y a 25 ans ne faisaient que de 5 à 10 cm d’épaisseur (en réponse à la réglementation en vigueur alors). Votre laine n’est donc peut-être pas tassée, elle n’est tout simplement pas assez épaisse !
Et pour les murs ? Le risque de tassement est-il réel ? Les laines minérales marquées CE ne peuvent se tasser dans le temps. En effet, le marquage CE suppose, selon la Directive Européenne 89/106/CE, que les produits de construction mis sur le marché répondent à 6 exigences essentielles applicables aux ouvrages de construction dont la résistance mécanique. En solution mur, on optera pour une laine minérale marquée CE, répondant à ce type d’application (vérifiez à l’achat le domaine d’application du produit). Elle ne se tassera pas d’autant qu’elle sera mise en œuvre dans les règles de l’art, suivant les prescriptions ou l’Avis Technique de la solution choisie.
Y a-t-il des précautions à prendre ?
S’il s’agit de laine de verre, sachez que les laines minérales ne comportent pas de risque particulier pour la santé. Elles sont exonérées du classement cancérogène par le CIRC (Centre International de Recherche contre le Cancer, OMS) qui les classe en groupe 3, soit dans le même groupe que le thé !
Pour garantir aux consommateurs que leurs produits mis sur le marché sont exonérés du classement cancérogène, certains fabricants se sont engagés sur la voie de la certification européenne par l’EUropean CErtification Board for mineral wool product (www.euceb.org). Cette garantie est traduite par l’existence du logo Euceb sur les emballages.
Il n’y a donc aucun danger à retirer une ancienne laine de verre, même si en application combles la couche de poussière qui s’est déposée au-dessus ne rend pas l’exercice agréable ! Des précautions normales d’usage doivent être prises comme pour tous travaux de bricolage, comme scier des panneaux à base de bois, meuler du métal, peindre au pistolet : port de masque - ici de type P1 comme pour les travaux courants, gants, lunettes, vêtements couvrants. Il s’agit des règles élémentaires édictées par le code du travail.
En revanche, assurez-vous lors de la mise en œuvre d’une isolation complémentaire sur un plafond de comble perdu (plafond suspendu sous solives ou fermettes), que le plafond pourra supporter la surcharge complémentaire.
Où porter ses déchets ? Les déchetteries acceptent-elles la laine de verre ?
Les laines minérales (de verre ou de roche) sont recyclables à 100%. Elles peuvent être portées en déchetterie (centre de stockage de classe 2) car ce sont des déchets non dangereux, sans coût de mise en décharge pour le particulier.
